Deux individus, âgés de 37 et 38 ans, ont été mis en examen samedi dans le cadre de l’enquête sur le spectaculaire vol commis au musée du Louvre, dont le butin s’élèverait à près de 88 millions d’euros.
Le premier suspect, déjà connu de la justice, est poursuivi pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs. Il a été placé en détention provisoire, en attendant un débat différé sur son sort. La seconde personne a été inculpée pour complicité et incarcérée sur décision du juge des libertés et de la détention.
Les trois autres interpellés mercredi ont, pour leur part, été relâchés sans poursuites à ce stade. Ces arrestations s’ajoutent à celles de deux autres trentenaires, soupçonnés d’avoir directement participé au cambriolage, arrêtés la semaine dernière à Aubervilliers et à Roissy, alors que l’un d’eux tentait de quitter la France pour l’Algérie.
Selon la procureure, les enquêteurs s’appuient sur un ensemble d’indices matériels ADN, téléphonie et vidéosurveillance, pour retracer le rôle de chaque protagoniste au sein du commando. L’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels explore plusieurs pistes pour retrouver les joyaux dérobés, évoquant la possibilité qu’ils aient déjà été écoulés sur des circuits parallèles ou utilisés comme monnaie d’échange dans le milieu criminel.
Dans un entretien au Parisien, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a confirmé suivre l’enquête de près, tout en écartant « toute hypothèse d’ingérence étrangère ».
Ce cambriolage spectaculaire, qui rappelle par son audace celui de La Joconde en 1911, a ravivé les inquiétudes sur la sécurité du plus grand musée du monde. Un rapport interne, présenté par la ministre de la Culture Rachida Dati, pointe une sous-estimation chronique des risques d’intrusion et des dispositifs « obsolètes ». Des mesures de sécurisation extérieure, notamment anti-intrusion et anti-voiture-bélier, devraient être installées avant la fin de l’année.


