En déplacement dans le nord-ouest du Cameroun, région marquée par un conflit anglophone qui dure depuis plusieurs années, le pape Léon XIV a livré un message ferme en faveur de la paix. Devant une foule réunie à la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda, le Pape pontife a appelé à sortir d’une logique de confrontation qu’il juge destructrice, tant sur le plan humain que politique et économique.
Cette visite intervient dans un climat sécuritaire encore fragile, où les tensions entre forces gouvernementales et groupes séparatistes continuent d’affecter les populations civiles. Encadré par un dispositif de sécurité renforcé, le chef de l’Église catholique a choisi de centrer son discours sur les causes profondes de l’instabilité, dépassant la seule dimension religieuse de sa mission.
Une critique des priorités politiques et économiques
Au cœur de son intervention, le pape Léon XIV a dénoncé ce qu’il qualifie de « logique de guerre prolongée », soulignant le contraste entre les dépenses militaires et les besoins sociaux urgents. Selon lui, l’éducation, la santé et la reconstruction des zones touchées par les conflits restent insuffisamment financées, alors même que les budgets liés à la sécurité continuent de croître.
Il a également mis en lumière un autre facteur de tension souvent moins visible : la gestion des ressources naturelles. Dans certaines régions du Cameroun et plus largement en Afrique centrale, l’exploitation du bois, des minerais ou d’autres richesses locales alimente des rivalités économiques et politiques, contribuant indirectement à l’instabilité.
Le conflit anglophone au-delà du terrain militaire
La crise dans les régions anglophones du Cameroun ne se limite plus à une opposition armée. Elle s’inscrit désormais dans une dynamique plus large, où les questions d’identité, de gouvernance et de développement économique s’entremêlent. En appelant à « rompre avec la spirale de violence », le pape insiste sur la nécessité d’une réponse politique globale, intégrant les populations locales dans les processus de décision.
Son message met également en avant le rôle de la société civile, perçue comme un acteur essentiel pour reconstruire la confiance dans un contexte de fragmentation sociale. L’Église catholique, très présente dans la région, cherche ainsi à se positionner comme médiatrice morale dans un conflit où les solutions strictement militaires semblent s’essouffler.
Une tournée africaine à portée diplomatique
La visite au Cameroun s’inscrit dans un périple africain plus large, entamé en Algérie. Au-delà de son dimension spirituelle, cette tournée du pape Léon XIV prend une dimension diplomatique assumée, avec des étapes dans des pays confrontés à des tensions politiques, sécuritaires ou sociales.
En multipliant les appels à la paix, le souverain pontife tente de replacer les enjeux africains dans un cadre global, où la stabilité du continent dépendrait autant des choix politiques internes que des dynamiques économiques internationales.

