37 ans après sa première expérience en 1988, le Maroc accueille la Coupe d’Afrique des Nations sur son sol.
Un événement continental d’envergure qui suscite un engouement massif, alors que des débats émergent sur les pratiques de revente de billets en dehors des circuits officiels.
Depuis plusieurs jours, des supporters affirment avoir acheté des tickets à des prix largement supérieurs aux tarifs officiels avec des prix entre 2000 et 5000 DH, avant de se voir refuser l’accès aux stades. Des témoignages largement relayés en ligne, accompagnés d’appels à la vigilance et de messages invitant le public à ne plus acheter auprès de revendeurs informels, accusés d’arnaque et de pratiques frauduleuses.
Face à cette situation, les règles édictées par la Confédération africaine de football sont sans équivoque. Pour la CAN 2025, la CAF interdit strictement toute revente ou cession de billets en dehors de ses canaux officiels. Les billets sont nominatifs et toute transaction non autorisée expose le ticket à une annulation immédiate, avec un refus d’accès au stade, sans possibilité de remboursement ou d’indemnisation pour le porteur.
Revente de billets : responsabilités pénales et risques juridiques
Sur le plan juridique, le droit marocain encadre également ce type de pratiques lorsqu’elles reposent sur la tromperie. L’article 540 du Code pénal qualifie d’escroquerie le fait d’induire une personne en erreur par de fausses informations ou des manœuvres frauduleuses dans le but d’obtenir un avantage financier. Cette infraction est passible d’une peine de prison allant d’un à cinq ans, assortie d’une amende pouvant atteindre 5.000 dirhams.
Dans ce contexte, la responsabilité pénale vise principalement les revendeurs. La vente de billets sur le marché noir, lorsqu’elle s’appuie sur la désinformation ou l’exploitation de la crédulité des acheteurs, peut donner lieu à des poursuites judiciaires. Les institutions compétentes, notamment la police judiciaire et le parquet du procureur du Roi, peuvent être saisies en cas de plainte déposée par les victimes.
Pour les acheteurs, le risque est immédiat et sans appel. Tout billet acquis en dehors des plateformes officielles de la CAF expose son détenteur à une exclusion du stade et à la perte définitive de la somme versée. Aucune responsabilité ne peut être imputée à la CAF, à la Fédération royale marocaine de football ou aux organisateurs lorsque l’achat ne respecte pas les conditions officielles.
La prudence reste la seule protection contre les arnaques. Dans un contexte de forte demande, céder aux circuits parallèles revient non seulement à prendre un risque financier, mais aussi à alimenter un système illégal désormais clairement encadré par la loi marocaine.


