La Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 sert déjà de laboratoire grandeur nature pour de nouveaux dispositifs judiciaires. En marge de la compétition, près de 60 infractions ont été traitées directement à l’intérieur des stades, sans transfert des personnes concernées vers des commissariats de police. Les dossiers ont été jugés sur place et les amendes réglées immédiatement, a annoncé mercredi à Rabat le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi.
L’information a été communiquée lors de l’ouverture d’un symposium international consacré à la sécurité des grands événements sportifs. Pour le ministre, ce mode de traitement rapide et ciblé illustre l’efficacité des bureaux judiciaires installés dans les enceintes sportives accueillant les matchs de la CAN 2025. Il y voit également le reflet d’un climat globalement serein dans les tribunes et d’un comportement jugé responsable de la part des supporters tout au long de la compétition.
Ce dispositif inédit permet de désengorger les services de police tout en apportant une réponse immédiate aux contraventions constatées. Les infractions, qualifiées de mineures, ont été réglées sans heurts, renforçant l’idée d’une justice de proximité adaptée aux contraintes des grands rassemblements sportifs. Abdellatif Ouahbi a souligné que cette approche contribue à préserver l’esprit festif du football, qu’il considère comme un puissant vecteur de respect mutuel et de cohésion sociale.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, le ministre a insisté sur la dimension symbolique du football, rappelant qu’aucune autre discipline sportive ne génère un engouement populaire comparable. Selon lui, la CAN 2025 offre une vitrine stratégique pour l’image du Maroc, tant sur le plan organisationnel qu’institutionnel, en mettant en avant la capacité du Royaume à gérer des événements de grande ampleur dans un cadre maîtrisé.
Le symposium, prévu sur trois jours, s’inscrit dans cette dynamique. Il réunit un large éventail d’acteurs nationaux et internationaux, dont le ministère de la Justice, la DGSN, la Gendarmerie Royale, la FRMF et l’Université arabe Naif des sciences de la sécurité. Des organisations internationales telles que le Bureau des Nations Unies de lutte contre le terrorisme, l’Organisation internationale pour les migrations et l’Union sportive arabe de la Police prennent également part aux échanges, aux côtés de représentants de la FIFA, d’Interpol, d’Europol, du Conseil de l’Europe et de l’Union africaine.
Ces discussions dépassent le seul cadre de la CAN 2025. Elles s’inscrivent dans la préparation du Maroc à la coorganisation de la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal. L’expérience des bureaux judiciaires dans les stades apparaît ainsi comme un jalon supplémentaire dans la construction d’un modèle marocain de sécurité et de gouvernance des grands événements sportifs, fondé sur la réactivité, la coordination institutionnelle et la confiance du public.


