Ports ralentis, routes fragilisées, livraisons sous tension : une série de perturbations logistiques fait émerger des inquiétudes localisées sur la disponibilité des carburants et du gaz butane dans certaines régions du Royaume.
Approvisionnement énergétique : des tensions ponctuelles signalées dans plusieurs zones du pays
Des difficultés d’approvisionnement en carburants et en gaz butane ont été observées ces derniers jours dans certains points de distribution, dans un contexte marqué par des aléas climatiques persistants et des perturbations logistiques inhabituelles. Si la situation ne revêt pas, à ce stade, un caractère généralisé, elle soulève néanmoins des interrogations sur la résilience de la chaîne d’approvisionnement des produits énergétiques stratégiques.
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La question s’est invitée dans le débat institutionnel après une interpellation écrite adressée à la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable par Fatima Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique. L’élue fait état de ruptures temporaires constatées dans certains circuits de distribution, qu’elle relie notamment aux difficultés rencontrées par les navires pour accéder à plusieurs plateformes portuaires du pays.
Les ports de Jorf Lasfar, Mohammedia et Tanger Med figurent parmi les infrastructures impactées par une forte houle ayant compliqué les opérations d’accostage et de déchargement. À ces contraintes maritimes se sont ajoutées des perturbations du transport terrestre, plusieurs axes routiers ayant subi des dégradations ou des interruptions temporaires à la suite des récentes intempéries.
Sur le terrain, les signaux d’alerte proviennent désormais directement des usagers. Sur les réseaux sociaux, l’influenceur marocain Mustapha Swinga a publié une vidéo affirmant ne pas avoir trouvé de carburants dans plusieurs stations à Casablanca, une séquence largement relayée et commentée. Il n’est toutefois pas le seul à témoigner : d’autres internautes font état de difficultés similaires dans différentes zones, évoquant des stations momentanément à sec ou des livraisons retardées, ce qui alimente un climat d’inquiétude parmi les consommateurs, sans confirmation officielle d’une pénurie généralisée.
Ce nouvel épisode intervient alors que la chaîne logistique portuaire fonctionne déjà sous pression. Les congestions enregistrées ces dernières semaines, en particulier au port de Casablanca, ont mis en lumière la vulnérabilité des flux pour des marchandises sensibles, dont les hydrocarbures.
Sur le plan stratégique, la question des stocks de sécurité refait surface. Devant la Chambre des conseillers, la ministre Leila Benali a récemment rappelé que son département soutient les investissements privés visant à renforcer les capacités nationales de stockage. L’ambition affichée est d’atteindre 1,8 million de mètres cubes d’ici 2030, afin de mieux faire face aux chocs conjoncturels, alors que les réserves actuelles couvrent difficilement plus d’un mois de consommation.

