À Casablanca, une page se tourne dans l’arrondissement de Sbata. Depuis lundi, les engins sont à l’œuvre pour démanteler le marché informel de pièces automobiles d’occasion connu sous le nom de « ferraille de Salmia ». Une opération qui vise à libérer le terrain en vue de la construction du futur stade Tessema, annoncé avec une capacité de 30.000 places.
Cette intervention marque l’aboutissement d’un processus engagé de longue date par les autorités locales. Installé au cœur d’un tissu résidentiel dense, ce marché s’était imposé au fil des années comme un véritable hub de la pièce détachée d’occasion, réunissant plus de 1.200 commerçants et drainant une clientèle quotidienne composée aussi bien de professionnels que de particuliers à la recherche d’alternatives à moindre coût.
Mais cette activité, implantée en pleine zone habitée, a progressivement cristallisé les tensions. Les nuisances environnementales, la congestion et les désagréments liés à l’occupation de l’espace public ont alimenté les doléances des riverains. Dès les années 1990, les pouvoirs publics avaient envisagé le transfert de ces activités vers des zones périphériques, notamment du côté de Médiouna, afin de mieux encadrer ce segment.
Au-delà de ce cas précis, l’opération s’inscrit dans une dynamique plus large de réorganisation du secteur des pièces de rechange au Maroc. Estimé à plus de 20 milliards de dirhams, ce marché reste largement structuré par l’informel. La disparition progressive de sites comme Salmia, après d’autres démantèlements similaires, traduit une volonté de redéployer ces activités dans des espaces mieux adaptés.
Le foncier ainsi récupéré doit accueillir un projet porté par la Fédération royale marocaine de football, en coordination avec l’Agence nationale des équipements publics. Le futur stade Tessema s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement des infrastructures sportives, dans la perspective des grandes échéances internationales que le Maroc ambitionne d’organiser.
À travers cette transformation, Casablanca poursuit une recomposition ciblée de son paysage urbain, entre reconfiguration des activités économiques et montée en gamme de ses équipements structurants.

