Une nouvelle polémique éclate en Espagne autour de chants islamophobes entendus en marge d’un match de Ligue des champions.
Avant la rencontre opposant le Real Madrid au Bayern Munich au stade Santiago Bernabéu, des supporters madrilènes ont été filmés en train de scander des propos visant les musulmans. La vidéo, rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, relance le débat sur les dérives racistes dans les tribunes espagnoles, déjà sous surveillance après des incidents récents.
Ces chants surviennent quelques heures seulement après l’ouverture d’une procédure disciplinaire par la FIFA à l’encontre de la Fédération espagnole. En cause, des faits similaires signalés lors du match amical entre l’Espagne et l’Égypte, au cours duquel l’arbitre avait mentionné dans son rapport des slogans jugés discriminatoires. L’instance internationale examine désormais ces événements, avec à la clé des sanctions qui pourraient aller d’amendes à des mesures symboliques, comme l’obligation de diffuser des messages de sensibilisation contre le racisme.
Le nouvel incident enregistré à Madrid intervient dans un contexte déjà tendu. Depuis plusieurs saisons, le football espagnol est régulièrement secoué par des affaires de racisme visant joueurs et communautés. Des figures majeures du championnat, comme Vinícius Júnior, Ansu Fati ou Kylian Mbappé, ont été ciblées à plusieurs reprises lors de rencontres à forte tension. Chaque épisode suscite une vague d’indignation, mais les réponses institutionnelles peinent à enrayer durablement le phénomène.
Le caractère répétitif de ces incidents alimente désormais l’idée d’un problème plus profond dans certaines tribunes espagnoles. Le fait que des chants visant la religion musulmane aient été repris peu de temps après un premier scandale à Barcelone renforce cette perception. Les autorités sportives assurent travailler à l’identification des auteurs et promettent des sanctions, tandis que les clubs, dont le Real Madrid, collaborent avec les forces de l’ordre pour limiter ces comportements.
Ce climat pèse également sur l’image internationale du pays à l’approche de la Coupe du monde 2030, que l’Espagne coorganisera avec le Maroc et le Portugal. Pour la FIFA, qui entend faire de cette compétition une vitrine de la lutte contre les discriminations, la multiplication de polémiques dans l’un des pays hôtes suscite une inquiétude croissante. Chaque nouvel incident est désormais scruté de près, tant pour ses répercussions sportives que pour son impact sur la crédibilité du football espagnol.
Au-delà des tribunes, le contraste est frappant avec la réalité des vestiaires, où évoluent de nombreux joueurs issus de cultures et de religions diverses. Une diversité qui continue de porter le football européen, mais que certains comportements en marge des stades viennent encore fragiliser.


