La FIFA a ouvert une procédure disciplinaire visant la Fédération espagnole de football après des chants racistes et islamophobes entendus lors du match amical opposant l’Espagne à l’Égypte, disputé le 31 mars à Cornellà, dans l’enceinte de l’RCD Espanyol. L’affaire, confirmée mardi, relance les inquiétudes autour des dérives persistantes dans les stades espagnols, à l’approche de la Coupe du monde 2030 que le pays coorganisera avec le Maroc et le Portugal.
Au cours de la rencontre, une partie des supporters a entonné des slogans à caractère islamophobe, visant directement l’identité religieuse. Ces incidents ont immédiatement suscité une vague d’indignation à travers le pays et au-delà du monde sportif. Les autorités catalanes ont ouvert une enquête pour identifier les auteurs de ces chants, tandis que les instances du football international ont décidé d’agir sur le plan disciplinaire.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a condamné fermement ces agissements, évoquant un comportement « inacceptable » qui nuit à l’image de l’Espagne. Il a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une minorité de supporters, tout en appelant à une réponse ferme pour éviter toute banalisation de tels actes. Cette prise de position intervient dans un contexte sensible, alors que l’Espagne s’apprête à accueillir, aux côtés du Maroc et du Portugal, un événement mondial censé incarner l’ouverture et le respect des diversités.
Sur le terrain, la réaction n’a pas tardé. Le jeune international espagnol Lamine Yamal, joueur du FC Barcelone, a dénoncé un « manque de respect intolérable », rappelant que le football ne peut tolérer ce type de comportements. Son intervention a trouvé un large écho, notamment auprès des joueurs issus de la diversité, régulièrement confrontés à des discriminations.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série d’incidents qui secouent le football espagnol depuis plusieurs mois. La star du Real Madrid, Vinícius Júnior, est devenue l’un des symboles de cette lutte après avoir été à plusieurs reprises la cible d’insultes racistes depuis son arrivée en Espagne en 2018. Si certaines affaires ont donné lieu à des condamnations, de nombreux cas restent sans suite, alimentant un sentiment d’impunité dénoncé par plusieurs acteurs du football.
L’ouverture de cette procédure par la FIFA marque une nouvelle étape dans la gestion de ces dérives. Elle pourrait déboucher sur des sanctions à l’encontre de la fédération espagnole, dans un contexte où les instances sportives internationales sont de plus en plus attendues sur leur capacité à faire respecter les principes d’inclusion et de respect.
À l’heure où le football se veut un vecteur de rassemblement, cet épisode rappelle que la lutte contre le racisme reste un chantier ouvert, y compris dans les grandes nations du sport mondial.

