Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a décidé ce jeudi de suspendre la campagne nationale de contrôle des motos et cyclomoteurs, initiée récemment par le ministère du Transport et de la Logistique. Cette opération, qui visait à vérifier la conformité technique des deux-roues à l’aide d’un speedomètre, avait suscité une vive polémique et un large mécontentement parmi les conducteurs, notamment dans les grandes villes.
Selon des sources officielles, un délai de douze mois sera accordé aux usagers pour se mettre en conformité avec les normes techniques et réglementaires en vigueur. Durant cette période transitoire, les autorités privilégieront la sensibilisation à la sanction. Des campagnes d’information mettront en lumière les dangers liés à la modification des moteurs et rappelleront l’importance du respect des règles de sécurité routière.
Le ministre du Transport, Abdelssamad Kayouh, a de son côté demandé des données chiffrées précises concernant le nombre de motos contrôlées et les infractions enregistrées. L’Agence nationale de la sécurité routière (Narsa) devra en tenir compte afin de rédiger une nouvelle note prenant en considération les aspects techniques, réglementaires et sociaux liés à l’usage des deux-roues.
Ce rétropédalage intervient alors que les statistiques montrent une situation préoccupante : près de 30 % des victimes de la route au Maroc concernent les conducteurs et passagers de motos. Le gouvernement souhaite ainsi instaurer un équilibre entre sécurité routière et acceptabilité sociale, notamment pour les nombreux Marocains qui utilisent leur moto comme outil de travail.
La suspension de cette campagne marque une volonté d’apaisement, mais l’enjeu demeure crucial : réduire le nombre d’accidents mortels et mieux encadrer le marché des deux-roues motorisés afin de garantir la sécurité des usagers et la conformité des véhicules importés.


