La décision du Maroc de renforcer les conditions d’importation des dattes étrangères provoque de vives réactions en Tunisie et ravive des tensions commerciales entre les deux pays.
En pleine période de forte demande, à l’approche du mois de ramadan, près de 15 000 tonnes de dattes tunisiennes ont été temporairement bloquées au port de Casablanca, une mesure justifiée par les autorités marocaines par la nécessité de protéger la production nationale.
Selon les professionnels du secteur, ces nouvelles exigences visent à préserver la place des dattes issues des oasis marocaines sur le marché intérieur, notamment les variétés locales comme le Mejhoul et le Boufeggous. Le Maroc cherche ainsi à consolider les acquis agricoles réalisés ces dernières années, tout en garantissant la stabilité de l’emploi dans les régions oasiennes.
Côté tunisien, les exportateurs expriment leur inquiétude face à une décision prise au cœur de la saison commerciale. La Tunisie considère le marché marocain comme un débouché stratégique, en particulier pour la variété Deglet Nour, très appréciée des consommateurs marocains. Les acteurs tunisiens plaident pour un traitement préférentiel, estimant que ce produit ne concurrence pas directement la production locale et s’inscrit dans une relation commerciale historique entre les deux pays.
Les professionnels marocains, pour leur part, mettent en avant des enjeux liés à la sécurité sanitaire et à la traçabilité des produits importés. Ils soulignent les risques liés à certaines opérations de réexportation, qui rendent plus complexe l’identification de l’origine réelle des cargaisons, justifiant ainsi un contrôle renforcé.
Alors que le dialogue semble inévitable, l’enjeu réside désormais dans la recherche d’un équilibre entre la protection de la souveraineté alimentaire du Maroc et le maintien de relations commerciales régionales stables avec la Tunisie.

