Le monde de la mode internationale est en deuil. Le grand couturier italien Valentino Garavani est mort lundi 19 janvier 2026 à l’âge de 93 ans, à son domicile de Rome. Figure emblématique de la haute couture italienne, fondateur de la maison Valentino, il laisse derrière lui un héritage artistique majeur qui a façonné l’élégance féminine pendant plus d’un demi-siècle. Son décès a été confirmé par la fondation Valentino Garavani, suscitant une vague d’hommages en Italie et à l’international.
Né le 11 mai 1932 à Voghera, en Lombardie, Valentino Garavani se passionne très tôt pour la mode. À seulement 17 ans, il rejoint Paris pour se former à la Chambre syndicale de la couture, avant de travailler auprès de Jean Dessès puis de Guy Laroche. C’est toutefois à Rome qu’il fonde sa propre maison en 1960, avec le soutien indéfectible de Giancarlo Giammetti, compagnon et partenaire clé de son succès.
Valentino impose rapidement une esthétique reconnaissable entre toutes. Silhouettes sculptées, matières nobles cousues à la main, lignes fluides et sensuelles, romantisme néoclassique et, surtout, un rouge flamboyant devenu iconique : le fameux « rouge Valentino ». Sans jamais chercher à révolutionner la mode, le créateur revendiquait une ambition claire, celle de sublimer les femmes et de « faire tourner les têtes lorsqu’elles entrent dans une pièce ».
Sa rencontre avec Jackie Kennedy en 1964 marque un tournant décisif. La robe ivoire qu’il conçoit pour son mariage avec Aristote Onassis, en 1968, propulse Valentino sur la scène mondiale, notamment aux États-Unis. Dès lors, Hollywood adopte le couturier italien. Audrey Hepburn, Elizabeth Taylor, Ava Gardner, Sophia Loren, Julia Roberts, Sharon Stone ou encore Gwyneth Paltrow comptent parmi ses fidèles clientes. En 1970, il devient le premier couturier italien à ouvrir une boutique à New York, affirmant son rôle de porte-voix de la haute couture italienne à l’international.
Icône de la dolce vita romaine des années 1960, Valentino Garavani incarnait une vision exigeante et glamour de l’élégance. En 1989, il choisit de défiler exclusivement à Paris, ville qu’il affectionne particulièrement, et reçoit la Légion d’honneur en 2006. Il prend officiellement sa retraite en janvier 2008, après un ultime défilé chargé d’émotion.
Si la marque Valentino a depuis changé de mains, intégrant des groupes internationaux du luxe, l’empreinte laissée par son fondateur demeure intacte. Pour de nombreux observateurs, Valentino Garavani a élevé la haute couture au rang de patrimoine culturel, reliant artisanat italien, tradition française et modernité globale. Ses funérailles se tiendront vendredi à Rome, à la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs, clôturant symboliquement le chapitre d’un des derniers géants de la couture du xxe siècle.

