Le groupe italien Prada a présenté dimanche un vêtement technique destiné aux astronautes de la NASA qui participeront aux futures missions lunaires, confirmant son entrée assumée dans l’industrie spatiale en partenariat avec la société américaine Axiom Space. Ce sous-vêtement de seconde peau, conçu pour être porté sous la combinaison spatiale, intègre un système de ventilation et de régulation thermique directement tissé dans la matière. Il constitue une étape supplémentaire dans la collaboration entre la maison de luxe et les acteurs de l’exploration spatiale, à l’heure où les missions lunaires reprennent de l’ampleur.
Présenté dans une boutique Prada à Manhattan, le dispositif baptisé “Liquid Cooling and Ventilation Garment” illustre une approche où le textile de haute performance rejoint les exigences extrêmes de l’environnement spatial. Selon les responsables du projet, ce type d’innovation repose sur des savoir-faire transversaux, issus autant de l’ingénierie que de l’industrie textile de précision. Lorenzo Bertelli, directeur marketing du groupe Prada, a mis en avant la capacité de la marque à mobiliser une expertise élargie, loin des seuls codes traditionnels du luxe.
Ce vêtement est destiné à être intégré aux équipements des astronautes de NASA dans le cadre des futures missions du programme Artemis, notamment celles préparant le retour humain sur la Lune. Le projet est développé en collaboration avec Axiom Space, entreprise basée à Houston spécialisée dans les infrastructures orbitales et les technologies spatiales. Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large où les acteurs privés jouent un rôle croissant dans les programmes d’exploration.
Prada avait déjà attiré l’attention en 2024 avec la conception d’une combinaison spatiale destinée à Artemis 4, mission envisagée pour 2028. Le nouveau vêtement complète ainsi une gamme technique pensée pour répondre aux contraintes physiologiques des astronautes, notamment la gestion de la chaleur corporelle et la ventilation en environnement fermé. L’objectif affiché reste d’améliorer le confort et la sécurité des équipages lors des missions de longue durée.
Dans le secteur du luxe, cette incursion dans l’aérospatial s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification et de repositionnement. Après plusieurs années de ralentissement, l’industrie cherche de nouveaux relais de croissance et d’image. L’espace, avec ses programmes habités et ses ambitions touristiques portées par des acteurs comme SpaceX ou Blue Origin, devient un terrain d’expérimentation autant technologique que symbolique.
D’autres entreprises du textile et de l’habillement ont déjà exploré ce segment, à l’image d’Under Armour ou de Columbia Sportswear, mais les grandes maisons de luxe adoptent une approche plus sélective. LVMH avec Louis Vuitton, Hermès ou Chanel observent ces évolutions sans s’engager encore dans des partenariats techniques comparables.
Pour les analystes du secteur, cette présence dans l’industrie spatiale répond à deux logiques complémentaires : renforcer la visibilité de la marque auprès d’une clientèle fortunée attirée par les voyages spatiaux, et inscrire le luxe dans un univers d’innovation radicale. L’espace devient ainsi un prolongement de l’imaginaire du prestige, mais aussi un laboratoire où s’expérimentent de nouveaux matériaux et usages.
L’initiative de Prada confirme l’émergence d’une convergence entre mode, ingénierie et exploration spatiale, dans un contexte où les frontières entre industrie technologique et luxe continuent de s’estomper. La maison italienne s’impose ainsi parmi les premiers acteurs du secteur haut de gamme à transformer une inspiration spatiale en partenariat industriel concret.

