Selon CNN, qui a mené cette enquête détaillée, ces contenus choquants circulent sur des plateformes telles que Telegram, X (ex-Twitter) ou YouTube. Ces vidéos sont souvent réalisées sur demande à des fins déviantes, relevant d’un phénomène appelé « zoosadisme ». Derrière ces images troublantes, se cache une organisation secrète et structurée, qui prospère dans le silence et l’absence de cadre légal contraignant.
Une industrie de la violence favorisée par un vide juridique
La majorité des vidéos collectées provient de Chine, pays où il n’existe actuellement aucune réglementation nationale interdisant la cruauté envers les animaux. Ce manque de législation permet à des individus malveillants d’agir sans crainte de poursuites. Les images montrent des actes de violence extrême : chats brûlés, mutilés, écrasés ou démembrés devant la caméra.
Des groupes d’activistes spécialisés, tels que Feline Guardians, travaillent à infiltrer ces réseaux, identifier les auteurs et alerter les autorités. Leurs données révèlent une augmentation de plus de 500 % des publications de vidéos de maltraitance entre juin 2024 et février 2025. En février 2025, une nouvelle vidéo était mise en ligne toutes les deux heures et demie. Certaines sont même diffusées avec des « affiches promotionnelles » : photo de l’animal, date de l’acte, outils utilisés.
Une organisation structurée à but lucratif
L’enquête montre que ces actes ne sont pas isolés. Les vidéos sont souvent réalisées sur commande, contre paiement. Les clients — appelés « sponsors » — versent jusqu’à 1 300 dollars pour une vidéo personnalisée, choisissant l’animal, le type d’acte, voire le cadre. Les auteurs, surnommés « maîtres » ou « effaceurs de chats », agissent sous pseudonyme et restent discrets.

Parmi les clients, figurent des développeurs informatiques, des cadres d’entreprise et même des fonctionnaires, qui justifient leur consommation par une forme de satisfaction personnelle ou de domination. Certains déclarent préférer ces contenus à toute autre forme de stimulation.
Une lutte difficile et risquée
Pour combattre ce phénomène, des militants mènent des enquêtes discrètes, parfois au péril de leur sécurité. Ils examinent chaque vidéo dans ses moindres détails : arrière-plans, accents, éléments géographiques, sons ambiants. Certains vont jusqu’à rechercher des données bancaires ou interroger l’entourage des suspects pour les identifier.
Plusieurs enquêteurs engagés ont déjà été menacés, harcelés en ligne et ciblés par des campagnes de diffamation. Malgré ces pressions, ils poursuivent leur action, convaincus que la médiatisation reste un levier essentiel.
L’absence de réaction internationale
Malgré la gravité des faits, les autorités chinoises n’ont, à ce jour, formulé aucune réponse officielle aux sollicitations médiatiques. Cette inertie soulève des questions au sein de la communauté internationale, d’autant que les plateformes utilisées sont accessibles au public mondial.
Ce dossier mentionne également le rôle des grandes entreprises du numérique, qui ont été pointées du doigt pour leur lenteur à modérer certains contenus.
Les vidéos concernées circulent largement sur les réseaux sociaux, pouvant atteindre un large public en peu de temps. Plusieurs voix appellent à une meilleure coordination internationale, incluant un renforcement des cadres légaux et une coopération policière transnationale.
https://youtu.be/fUs_8umnkB0

