Deux anciennes employées de Julio Iglesias ont déposé plainte en Espagne pour des faits présumés d’agressions sexuelles, de harcèlement sexuel et de viols, survenus en 2021. Selon des sources judiciaires citées par l’AFP, la plainte a été enregistrée le 5 janvier auprès du parquet de l’Audiencia Nacional, juridiction compétente en raison de la nationalité espagnole du chanteur, âgé aujourd’hui de 82 ans. Les faits dénoncés auraient eu lieu dans les résidences privées de l’artiste situées en République dominicaine et aux Bahamas.
La procédure judiciaire fait suite à une enquête conjointe publiée par la télévision américaine Univision et le média espagnol elDiario.es. Menée durant près de trois ans, cette investigation repose sur les témoignages de quinze anciennes employées ayant travaillé pour Julio Iglesias entre 1990 et 2023, ainsi que sur de nombreux éléments documentaires. Parmi ces femmes, deux ex-collaboratrices occupent une place centrale dans la plainte déposée début janvier.
Les plaignantes sont une ancienne employée de maison et une physiothérapeute. La première, âgée de 22 ans au moment des faits, décrit un climat de domination et de contraintes permanentes. Elle affirme avoir subi des agressions sexuelles répétées et évoque des actes pouvant être qualifiés de viols. Sous pseudonyme, elle confie s’être sentie « comme un objet » et comparée à une « esclave en plein XXIe siècle ». La seconde plaignante, alors âgée de 28 ans, rapporte des attouchements et des gestes sexuels imposés, survenus notamment dans les espaces privés des villas du chanteur.
Selon l’enquête journalistique, les faits reprochés se seraient déroulés entre janvier et octobre 2021. Les témoignages évoquent un environnement de travail marqué par la peur, le contrôle et l’intimidation. Les femmes décrivent des pressions constantes, des humiliations verbales et physiques, ainsi que des exigences sexuelles imposées dans le cadre de leur emploi. Certaines accusations font également état d’examens médicaux obligatoires et de tests de dépistage, présentés comme une condition implicite au maintien de leur poste.
La plainte vise Julio Iglesias comme auteur principal des faits, mais mentionne également deux responsables de ses résidences caribéennes en tant que complices présumés. Les plaignantes sont accompagnées dans leur démarche par l’ONG Women’s Link Worldwide, spécialisée dans la défense des droits des femmes.
Sollicité à plusieurs reprises par Univision, elDiario.es et l’AFP, Julio Iglesias n’a, à ce stade, pas réagi publiquement aux accusations. Ses conseils juridiques n’ont pas non plus répondu aux demandes de commentaires.
Ces révélations ont suscité de vives réactions en Espagne. La deuxième vice-présidente du gouvernement, Yolanda Díaz, a dénoncé des témoignages « glaçants », tandis que la ministre de l’Égalité, Ana Redondo, a appelé à ce que l’enquête judiciaire aille « jusqu’à son terme ». Dans le monde culturel, l’écrivain Ignacio Peyró et son éditeur ont exprimé leur consternation et annoncé leur intention de réviser la biographie consacrée au chanteur.
Icône mondiale de la musique depuis les années 1970 et figure majeure de la chanson espagnole, Julio Iglesias voit aujourd’hui son image publique profondément ébranlée par ces accusations, désormais entre les mains de la justice espagnole.

