Le Maroc s’impose désormais comme le premier exportateur d’avocats en Afrique. En 2025, le Royaume a expédié 141.000 tonnes sur les marchés internationaux, soit une progression spectaculaire de 90 % en un an, dépassant pour la première fois le Kenya et l’Afrique du Sud. Cette performance place le pays en tête du classement continental et confirme son ancrage parmi les acteurs majeurs du commerce mondial de l’avocat.
Les dernières estimations du rapport Tropical Fruits Market Review de la FAO, publiées fin janvier, montrent que l’Afrique a exporté au total 430.432 tonnes d’avocats cette année, en hausse de 16,7 % par rapport à 2024. Le Maroc en représente à lui seul près d’un tiers, devenant le principal moteur de cette croissance.
Cette accélération repose d’abord sur le terrain. Les producteurs marocains ont bénéficié d’une campagne agricole favorable, avec des conditions climatiques plus stables dans les principales zones de culture, notamment dans le nord et le centre du pays. Les rendements se sont améliorés, permettant d’augmenter significativement les volumes destinés à l’exportation. L’Association marocaine de l’avocat évoquait déjà, au printemps dernier, une saison 2024-2025 particulièrement productive.
Mais le bond observé ne relève pas seulement de la météo. Il s’inscrit dans une stratégie agricole plus large. Selon des données du ministère de l’Agriculture citées par la FAO, les superficies récoltées ont progressé de 40 % entre 2022 et 2024. Dans le même temps, la production nationale a gagné 17 %, tandis que les exportations ont augmenté de 34 %. Ces investissements, portés à la fois par les exploitants et les opérateurs privés, ont renforcé la compétitivité de la filière marocaine, aussi bien en qualité qu’en logistique.
À l’inverse, les concurrents historiques du continent marquent le pas. Le Kenya, longtemps leader africain de l’exportation d’avocats, recule à la deuxième place avec 105.164 tonnes, en baisse de 19 %. L’Afrique du Sud suit avec 80.423 tonnes, en retrait de 6 %. Ces deux pays ont été pénalisés par des perturbations maritimes majeures en mer Rouge, allongeant les délais de transport vers l’Europe et renchérissant les coûts d’expédition, un handicap pour des produits frais dépendants de chaînes logistiques rapides.
Dans ce contexte, le Maroc a tiré son épingle du jeu grâce à sa proximité géographique avec les marchés européens et à des routes commerciales plus stables. Cette position stratégique réduit les temps de transit et améliore la fraîcheur des fruits à l’arrivée, un avantage décisif pour les distributeurs.
La dynamique marocaine s’inscrit par ailleurs dans un marché mondial en pleine expansion. Les exportations d’avocats dans le monde ont progressé de 13 % en 2025 pour atteindre près de 3,3 millions de tonnes, signe d’une demande soutenue, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Le fruit, devenu incontournable dans les habitudes alimentaires, offre des débouchés durables aux pays producteurs capables d’assurer régularité et qualité.
En prenant la tête du classement africain, le Maroc confirme la montée en puissance de son agriculture d’exportation et consolide sa place dans les filiales à forte valeur ajoutée. Pour la filière avocat, 2025 marque un tournant : le Royaume n’est plus un challenger, mais le nouveau leader du continent.


