Les exportations marocaines d’oranges ont enregistré une progression marquée lors de la campagne 2024/2025, confirmant un redressement attendu après plusieurs années difficiles pour la filière agrumicole. Selon les données compilées par la plateforme spécialisée EastFruit, le Royaume a expédié 84 600 tonnes d’oranges entre novembre 2024 et octobre 2025, pour des recettes estimées à 61 millions de dollars. Ce volume représente une hausse de 38 % par rapport à la campagne précédente et plus du double des exportations réalisées en 2022/2023, une saison marquée par un recul historique.
Cette performance place l’orange parmi les fruits les plus exportés par le Maroc, derrière la mandarine, la pastèque et la myrtille. La reprise observée repose en grande partie sur la variété Maroc Late, récoltée principalement au printemps. Les expéditions ont atteint leur pic au mois de mai, avec 15 700 tonnes exportées, traduisant un regain d’activité sur les marchés internationaux à un moment clé de la saison.
La demande étrangère est restée solide, en particulier sur les marchés nord-américains et européens. Le Canada s’est imposé comme la première destination des oranges marocaines, absorbant 22 % des volumes exportés, en hausse de 65 % sur un an. Les États-Unis occupent la deuxième place avec une part de 21,5 %, malgré un léger tassement des expéditions. D’autres marchés ont connu une expansion spectaculaire, notamment le Royaume-Uni, où les importations ont été multipliées par sept, ainsi que l’Arabie saoudite et l’Espagne, confirmant l’élargissement progressif des débouchés.
Au total, 46 pays ont importé des oranges marocaines au cours de la campagne 2024/2025. Cette diversification géographique a été soutenue par les mesures publiques mises en œuvre par les autorités marocaines. En 2024, un nouveau mécanisme d’appui à l’exportation des agrumes frais est entré en vigueur, prévoyant notamment une prime forfaitaire de 1 000 dirhams par tonne destinée à certains marchés, dont l’Union européenne et le Royaume-Uni. Ce soutien a contribué à renforcer la compétitivité de l’offre marocaine face à des concurrents bien positionnés, en particulier l’Égypte.
Malgré ces résultats encourageants, la filière reste exposée à des contraintes structurelles. Le stress hydrique, la raréfaction des ressources en eau et les effets du changement climatique continuent de peser sur la production. À cela s’ajoute une concurrence internationale intense, alimentée par des coûts de production plus faibles dans certains pays exportateurs. Les projections pour la campagne 2025/2026 tablent ainsi sur une stabilisation des volumes exportés autour de 85 000 tonnes, selon les estimations du Département américain de l’Agriculture.
Les niveaux actuels demeurent encore éloignés du pic atteint lors de la campagne 2016/2017. Néanmoins, la dynamique observée ces deux dernières années laisse entrevoir une reprise progressive du secteur des agrumes au Maroc, portée par la demande internationale, l’adaptation des opérateurs et le soutien public, dans un contexte où la gestion durable de l’eau s’impose comme un enjeu central pour l’avenir de la filière.


