Le financement participatif dédié à l’habitat confirme son ancrage dans le paysage financier marocain. Selon les chiffres récents de Bank Al-Maghrib (BAM), il s’élève à 26,2 milliards de dirhams à fin avril 2025, contre 22,5 milliards une année auparavant. Cette progression annuelle de 16,6 % reflète l’intérêt croissant pour les alternatives de financement, notamment la formule de Mourabaha immobilière, qui continue de séduire les acquéreurs.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de croissance modérée du crédit aux ménages, lequel a connu une progression de 2,6 % sur un an. Cette évolution est tirée à la fois par une hausse de 2,5 % des prêts à l’habitat et une augmentation de 2,7 % des crédits à la consommation, confirmant une tendance prudente mais stable dans le comportement d’endettement des ménages marocains.
Parallèlement, l’environnement bancaire demeure relativement favorable, comme le souligne l’enquête de conjoncture réalisée par BAM au premier trimestre 2025. D’après cette étude, 84 % des industriels estiment que l’accès au financement bancaire reste « normal », tandis que 10 % évoquent des difficultés. Ces perceptions témoignent d’une accessibilité globalement maintenue aux ressources bancaires, malgré un contexte économique parfois incertain.
Concernant le coût de l’emprunt, 73 % des entreprises interrogées jugent que les conditions tarifaires sont stables, et 21 % affirment qu’elles se sont allégées. En effet, les taux d’intérêt moyens appliqués aux nouveaux crédits ont enregistré un recul de 9 points de base par rapport au trimestre précédent, pour atteindre 5,17 %.
Dans le détail, les grandes entreprises bénéficient de conditions plus avantageuses avec un taux moyen de 4,96 %, tandis que les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) doivent composer avec un taux de 5,61 %. Cet écart traduit un différentiel de traitement fondé sur la taille des structures, mais aussi sur les garanties et les profils de risque.
Ainsi, entre attractivité croissante du financement participatif et stabilisation du coût du crédit, le paysage bancaire marocain semble maintenir une dynamique prudente, où les alternatives conformes à la finance participative gagnent du terrain.

