Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe la poursuite de la croissance au Maroc en 2026, tirée par une production agricole qualifiée de « robuste », un investissement public dynamique et un secteur privé en progression. Après une expansion estimée à 4,9 % en 2025, le produit intérieur brut devrait avoisiner les 5 % l’an prochain, à l’issue d’une mission conduite à Rabat entre le 29 janvier et le 11 février.
L’élan observé s’appuie d’abord sur la performance du secteur agricole. Portée par une pluviométrie exceptionnelle, la campagne 2024-2025 a soutenu l’activité et devrait continuer à jouer un rôle déterminant en 2026. La construction et les services ont également contribué à consolider cette dynamique, dans un contexte d’accélération des investissements publics et privés.
Les finances publiques affichent des signaux d’amélioration. Les recettes fiscales ont représenté 24,6 % du PIB en 2025, en hausse marquée grâce aux réformes engagées et à une meilleure gestion du recouvrement. Le déficit du gouvernement central a été ramené à 3,5 % du PIB, contre 3,8 % initialement prévu. Une partie des recettes additionnelles a néanmoins été orientée vers des investissements supplémentaires et des transferts aux établissements et entreprises publics.
Le FMI préconise de préserver une fraction de cette performance budgétaire afin de renforcer les marges de manœuvre de l’État. Une allocation plus efficiente des dépenses pourrait soutenir davantage l’investissement dans le capital humain, en particulier dans l’éducation et la santé, considérés comme des piliers d’une croissance durable.
Côté prix, l’inflation s’est établie en moyenne à 0,8 % en 2025, contenue par la modération des prix alimentaires. Elle devrait progressivement converger vers 2 % à l’horizon mi-2027, sous l’effet des précédentes réductions du taux directeur et du raffermissement de l’activité. Dans ce cadre, l’orientation de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib est jugée appropriée. L’institution internationale encourage la poursuite de l’évolution vers une plus grande flexibilité du régime de change, en cohérence avec la stratégie de ciblage de l’inflation.
L’intensification des investissements publics, fortement dépendants des importations, devrait provoquer un élargissement modéré du déficit du compte courant. Cette évolution serait partiellement compensée par la hausse des recettes touristiques et par une progression des investissements directs étrangers. Le niveau des réserves internationales est considéré comme suffisant pour absorber ces ajustements.
Selon le FMI, les risques entourant les perspectives économiques du Maroc restent globalement équilibrés. Ils sont principalement liés à un possible ralentissement de la zone euro, partenaire commercial clé du Royaume, ainsi qu’à la volatilité des prix des matières premières.
Au-delà des agrégats macroéconomiques, l’emploi demeure un enjeu central. La création d’emplois pérennes suppose un tissu privé plus dynamique et un marché du travail plus agile. Le renforcement du cadre budgétaire à moyen terme, l’optimisation de la gestion de l’investissement public et un suivi plus rigoureux des risques associés aux établissements et entreprises publics figurent parmi les priorités identifiées.
Pour 2026, la trajectoire économique du Maroc s’articule ainsi autour de trois leviers majeurs : une agriculture performante, un effort d’investissement soutenu et une stabilité macroéconomique préservée. L’enjeu sera de traduire cette dynamique en progrès durables en matière d’emploi, de productivité et de développement humain.


