La date est désormais connue. Le 7 juillet prochain, Marine Le Pen saura si sa condamnation dans l’affaire des assistants parlementaires européens est confirmée, aménagée ou annulée. La cour d’appel de Paris a annoncé mercredi, en fin d’après-midi, qu’elle rendrait sa décision après près de cinq mois de délibéré, à l’issue d’un procès à forts enjeux.
Au cœur du dossier : des soupçons de détournement de fonds européens. Il est reproché à la dirigeante du Rassemblement national – anciennement Front national – ainsi qu’à plusieurs cadres du parti, d’avoir rémunéré des assistants parlementaires avec des crédits du Parlement européen alors que ces collaborateurs auraient travaillé essentiellement pour la formation politique. Le montant évoqué par l’accusation atteint 1,4 million d’euros.
En première instance, en mars 2025, Marine Le Pen avait été condamnée à une peine comprenant notamment deux ans d’emprisonnement aménageables sous bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Une sanction qui, en l’état, compromet toute candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Devant la cour, l’enjeu dépasse le strict cadre pénal. L’équation est arithmétique : pour préserver une possibilité de candidature, la peine d’inéligibilité ne devrait pas excéder deux ans – calculée à partir de la décision de première instance – et l’emprisonnement devrait être assorti d’un sursis. Les avocats généraux ont toutefois requis quatre ans de prison dont trois avec sursis, 100.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.
Lors de l’audience, l’un de ses conseils a souligné la portée « vertigineuse » de la décision à venir, à l’approche d’un scrutin présidentiel majeur. La défense a contesté la qualification de détournement de fonds publics, estimant que les eurodéputés relèvent d’un statut international distinct de celui d’agents publics nationaux. Elle a également cherché à déconstruire l’idée d’un « système » organisé au sein du parti, élément central de l’accusation.
Marine Le Pen, qui a laissé entendre qu’elle trancherait rapidement sur une éventuelle quatrième candidature dès le prononcé de l’arrêt, a reconnu à l’ouverture des débats qu’un délit pourrait être envisagé « s’il était établi », tout en niant toute intention frauduleuse.
Le second procès s’est déroulé dans une atmosphère plus apaisée que le premier, saluée par les différentes parties. Mais derrière la sérénité apparente demeure une incertitude majeure : la décision du 7 juillet dessinera non seulement l’avenir judiciaire de la cheffe de file de l’extrême droite française, mais aussi l’architecture politique du camp nationaliste en vue de 2027.
En cas d’empêchement durable, une autre figure se tient prête : Jordan Bardella, président du parti et potentiel candidat de substitution. D’ici là, le Rassemblement national affirme poursuivre sa préparation électorale, quelle que soit l’issue judiciaire.

