Les tensions entre Washington, Tel-Aviv et Téhéran ont basculé dans une nouvelle phase militaire.
Les États-Unis et Israël ont annoncé samedi avoir mené des frappes sur le territoire iranien, après plusieurs semaines de menaces d’intervention et d’escalade verbale autour du dossier nucléaire et sécuritaire.
Washington et Tel-Aviv justifient une action « préventive »
Depuis sa résidence de Palm Beach, en Floride, le président américain Donald Trump a affirmé que l’objectif était d’« éliminer des menaces imminentes » émanant de l’Iran, lançant un message direct à la population iranienne : « L’heure de votre liberté est à portée de main ».
De son côté, le ministère israélien de la Défense a évoqué une « frappe préventive » destinée à neutraliser des menaces visant l’État hébreu. Selon les autorités israéliennes, une attaque de missiles et de drones contre le territoire israélien et sa population civile serait imminente.
Un « état d’urgence spécial et immédiat » a été décrété à l’échelle nationale. L’espace aérien israélien a été fermé aux vols civils et le ministère des Transports a demandé aux voyageurs d’éviter les aéroports jusqu’à nouvel ordre. À Jérusalem, les établissements scolaires resteront fermés jusqu’à lundi 18h00 GMT.
Explosions à Téhéran et dans plusieurs grandes villes
À Téhéran, deux fortes détonations ont été entendues par des journalistes présents sur place. D’épais panaches de fumée se sont élevés dans le centre et l’est de la capitale iranienne peu après l’annonce des frappes.
Selon l’agence Isna, le quartier de Pasteur – où se trouvent notamment la résidence du guide suprême Ali Khamenei ainsi que la présidence – aurait été visé.
Des ambulances ont été dépêchées dans le centre de la capitale, tandis que les hôpitaux ont été placés en état d’alerte, d’après le porte-parole du ministère iranien de la Santé. Le nombre de victimes potentielles et les zones précisément touchées doivent encore être confirmés par les autorités.
D’autres explosions ont été signalées à Ispahan, Qom, Karaj et Kermanshah, selon l’agence Fars, qui évoque des détonations compatibles avec des frappes de missiles. Les communications téléphoniques et la connexion internet seraient instables par endroits.
Un nouvel épisode dans une confrontation déjà armée
Ces frappes interviennent moins d’un an après un affrontement direct de douze jours entre Israël et l’Iran en juin 2025, déclenché par une offensive israélienne visant des responsables militaires iraniens, des lanceurs de missiles et des installations liées au programme nucléaire.
Les États-Unis avaient alors soutenu leur allié en ciblant trois sites nucléaires iraniens. Depuis, la tension est restée vive, notamment après la répression d’un mouvement de contestation en Iran en janvier, que Donald Trump avait publiquement soutenu.
Nucléaire iranien et programme balistique au cœur du conflit
Jusqu’à récemment, Washington privilégiait la voie diplomatique, tout en maintenant une pression militaire accrue dans la région, notamment via un déploiement aéro-naval dans le Golfe et en Méditerranée.
Les discussions menées début février, sous médiation omanaise, n’ont pas permis de lever les divergences majeures. Les États-Unis accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire et exigent l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium. Téhéran, qui dément toute visée militaire, revendique son droit au nucléaire civil.
Washington souhaite également encadrer le programme balistique iranien, un point que les autorités iraniennes refusent d’inclure dans les négociations.
Avec ces nouvelles frappes, le bras de fer entre les États-Unis, Israël et l’Iran entre dans une phase à haut risque, susceptible d’entraîner une déstabilisation plus large du Moyen-Orient.


