La troisième session de négociations entre l’Iran et les États-Unis s’est ouverte dans un climat particulièrement tendu.
Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi conduit la délégation de Téhéran. La partie américaine est représentée par des émissaires du président des États-Unis, dont Steve Witkoff et Jared Kushner.
Organisées sous l’égide du Sultanat d’Oman, ces discussions visent à prévenir une escalade militaire tout en tentant de régler les différends persistants autour du programme nucléaire iranien. Les négociations portent également sur les programmes de missiles balistiques développés par l’Iran, un point central des inquiétudes occidentales.
Qualifié de « dernière chance » par le président américain, ce nouveau cycle diplomatique ambitionne de débloquer une impasse devenue stratégique. Washington affirme vouloir empêcher Téhéran d’accéder à l’arme atomique en limitant strictement l’enrichissement d’uranium à un usage exclusivement civil.
De son côté, l’Iran réaffirme son droit souverain à développer l’énergie nucléaire à des fins civiles, conformément au Traité de non-prolifération. Les autorités iraniennes contestent par ailleurs les accusations américaines concernant l’existence de missiles à longue portée capables d’atteindre le territoire des États-Unis.
Un contexte militaire explosif
Les tensions se sont intensifiées depuis l’opération militaire américaine baptisée « Midnight Hammer », menée le 22 juin 2025, qui aurait visé plusieurs sites stratégiques iraniens. Washington a également renforcé sa présence militaire dans la région, notamment par le déploiement du porte-avions USS Gerald R. Ford.
Ces développements sont intervenus après une guerre de douze jours déclenchée en juin 2025 à la suite d’une attaque israélienne, ravivant les inquiétudes sur une extension régionale du conflit.
Téhéran a averti que toute nouvelle offensive pourrait entraîner une riposte d’envergure, évoquant notamment la possibilité de bloquer le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 30 % du pétrole mondial. Une telle décision aurait des conséquences économiques globales majeures.
Une médiation omanaise prudente
Après une suspension temporaire des discussions, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, s’est montré prudemment optimiste, espérant « réaliser davantage de progrès » lors de la reprise des pourparlers dans l’après-midi. Il a évoqué à Genève des échanges marqués par des « idées créatives et positives », sans toutefois garantir une percée décisive.
Pressions internes en Iran
Au-delà des enjeux géopolitiques, la délégation iranienne négocie dans un contexte intérieur tendu. Le pays est confronté à une contestation persistante. Selon plusieurs sources, au moins une centaine d’étudiants auraient perdu la vie lors de troubles récents, alors que les manifestations se poursuivent dans différentes villes.
Cette pression interne renforce l’urgence diplomatique. Pour de nombreux observateurs internationaux, la session de Genève pourrait constituer l’ultime opportunité de désescalade avant un possible basculement vers une confrontation ouverte.
L’équilibre reste fragile. Entre exigences sécuritaires américaines et revendication de souveraineté iranienne, la diplomatie joue peut-être ses dernières cartes.

