Les fruits rouges se raréfient sur les étals européens, révélant une tension croissante sur un marché habituellement bien approvisionné. Derrière cette contraction de l’offre, un faisceau de facteurs conjoncturels, où les aléas climatiques jouent un rôle déterminant, notamment dans les principaux bassins exportateurs du sud de l’Europe et du Maroc.
En Belgique, un grossiste basé à Anvers évoque une baisse sensible des volumes disponibles, en particulier pour les fraises et les framboises. Le phénomène s’accompagne d’un glissement de la demande vers des productions locales, dans un contexte où la qualité des importations en provenance du Maroc, d’Espagne et du Portugal est jugée plus irrégulière.
La volatilité de l’offre s’explique en partie par des conditions météorologiques instables. Une courte période de beau temps a momentanément stimulé les volumes, avant un recul brutal de l’approvisionnement, entraînant mécaniquement une hausse des prix.
Côté marocain, la campagne hivernale a été marquée par des précipitations abondantes, des inondations et des vents soutenus. Ces perturbations ont affecté les rendements dans les principales zones de production, notamment le Loukkos et le Souss-Massa, fragilisant la régularité des exportations.
Des professionnels du secteur font état de retards logistiques, d’un recul des volumes expédiés et de contraintes qualitatives pesant sur les cargaisons à destination de l’Europe.
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Au Maroc, l’approvisionnement ne fait pourtant pas défaut. Les volumes restent présents sur le marché intérieur, mais la question des prix s’impose désormais comme le principal point de tension. Au marché de gros, la fraise atteint déjà près de 19 dirhams le kilo, un niveau qui se répercute mécaniquement jusqu’au consommateur final. À mesure qu’elle remonte la chaîne, la fraise perd en fraîcheur… tandis que son prix, lui, devient de plus en plus brûlant.

