Face à la polémique grandissante autour de la gestion du stationnement et du métier de gardien de voitures à Casablanca, la maire Nabila Rmili est sortie de son silence. Dans une publication diffusée sur ses réseaux officiels, l’élue a tenu à apporter des précisions sur les réformes engagées par le Conseil de la ville, affirmant qu’il n’a jamais été question de revenir sur la décision de non-renouvellement des anciennes autorisations.
Cette mise au point intervient alors que la municipalité a récemment présenté un cahier des charges détaillé, ainsi qu’une plateforme numérique baptisée « Rokhas », destinée à encadrer de manière formelle l’accès à la profession de gardien de voitures. Objectif affiché : mettre fin à l’anarchie et à l’occupation illégale du domaine public.
« Casablanca subit une pression intense sur certaines zones. Le schéma directeur du stationnement, actuellement en cours de finalisation, est appelé à orienter nos prochaines décisions », a souligné Nabila Rmili, insistant sur la nécessité de suivre une démarche structurée.
Stationnement gratuit mais toujours monétisé ?
L’un des points soulevés par la maire concerne les zones devenues gratuites, mais où des citoyens continuent à verser de l’argent à des gardiens autoproclamés. Une situation dénoncée comme incohérente, en contradiction avec les décisions du Conseil. Pour y remédier, la ville prévoit d’installer une signalétique claire, indiquant de manière visible les secteurs concernés par la gratuité.
Le nouveau dispositif présenté lors de la session du Conseil du mois de mai prévoit que chaque gardien officiellement reconnu disposera d’un périmètre fixe, d’une longueur maximale de 70 mètres, hors zones à horodateurs. Une uniformisation des pratiques qui vise à éviter les conflits entre gardiens et à offrir une meilleure lisibilité pour les usagers.
La plateforme « Rokhas » permettra de candidater à une autorisation dans un cadre équitable. Les personnes retenues, après vérification de leur dossier et de leur casier judiciaire, recevront une carte professionnelle et un uniforme règlementaire.
Un processus en construction, pas une décision figée
La maire reconnaît néanmoins que le débat autour de ce sujet est loin d’être clos. « Maintenant que plusieurs voix s’élèvent, il est essentiel d’approfondir la réflexion. Nous prendrons le temps nécessaire pour étudier toutes les dimensions, en concertation avec les parties concernées », a-t-elle déclaré.
Elle a également rappelé que le cahier des charges actuel s’inscrit dans une logique de transition, et ne pourra être pleinement opérationnel qu’une fois le schéma directeur du stationnement adopté.
Un tournant pour la ville ?
Si les nouvelles mesures traduisent une volonté d’agir, leur mise en œuvre soulève déjà des interrogations : quelle sera leur efficacité sur le terrain ? Comment seront-elles appliquées sans créer de nouvelles zones d’ombre ? Et surtout, la transition se fera-t-elle sans accroître la précarité d’une population vivant de ce métier en marge du cadre légal ?
À l’heure où la ville veut se hisser au rang des métropoles modernes, la gestion du stationnement et du gardiennage devient un test grandeur nature pour sa gouvernance. Entre promesses de régulation, pressions sociales et attentes citoyennes, le défi ne fait que commencer.


