À Gaza, les bombardements et l’offensive terrestre israélienne se poursuivent sans répit, alors même que les appels internationaux à un cessez-le-feu se multiplient et que la situation humanitaire atteint un niveau dramatique.
Un bilan qui s’alourdit d’heure en heure
Dans la seule journée de samedi, soixante-trois Palestiniens ont perdu la vie, parmi lesquels des enfants, des familles entières et des civils venus chercher de l’aide alimentaire. À al-Tuffah, dans le nord de Gaza, un drone a frappé un groupe rassemblé pour recevoir une distribution humanitaire, provoquant une nouvelle tragédie.
Sur le terrain, l’armée israélienne affirme vouloir “reprendre le contrôle” de la ville de Gaza par une opération décisive. Mais pour nombre d’analystes, cette stratégie ne relève pas seulement de l’impératif militaire : elle vise à pousser massivement les habitants à l’exode, transformant l’enclave en territoire vidé de sa population.
Des accusations d’“épuration ethnique”
Les déclarations du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, promettant que Gaza subirait “la colère de l’enfer” si le Hamas ne capitulait pas, ont provoqué une vague d’indignation. Le mouvement islamiste y voit une confirmation de ses accusations d’“épuration ethnique” et parle d’un “aveu public de crime”.
Ces menaces interviennent alors que Tel-Aviv refuse toujours de donner suite à la dernière proposition de trêve validée par le Hamas et soutenue par les médiateurs égyptiens et qataris. Une attente jugée stratégique par certains observateurs, qui estiment que le gouvernement israélien cherche à intensifier son offensive avant toute pause négociée.
La famine, arme de guerre silencieuse
La crise alimentaire atteint désormais un point de non-retour. L’IPC, organisme international de référence en matière de sécurité alimentaire, a classé Gaza en phase 5, le niveau le plus grave. Entre un demi-million et plus de 600 000 habitants n’ont plus accès au minimum vital. Les hôpitaux, privés de ressources, voient mourir des enfants émaciés, des personnes âgées affaiblies par la faim et des patients sans perfusion.
En vingt-quatre heures, deux nouvelles victimes de malnutrition sont venues s’ajouter aux plus de 280 déjà recensées. Les ONG dénoncent un désastre “créé par l’homme”, accusant Israël d’utiliser la faim comme instrument militaire en restreignant l’accès des convois humanitaires et en ciblant des lieux de distribution.
Un front de contestation qui s’élargit
À l’intérieur d’Israël, des manifestations rassemblant des milliers de personnes à Tel Aviv exigent l’arrêt immédiat des combats, réclamant la libération des otages et dénonçant une guerre jugée “suicidaire”.
Dans de nombreuses capitales occidentales; de Paris à Berlin, en passant par Londres, Madrid et plusieurs villes d’Australie, les cortèges dénoncent une “famine organisée” et critiquent la passivité de leurs gouvernements. Ces mouvements populaires révèlent un fossé croissant entre les sociétés civiles et les dirigeants occidentaux, accusés de fermer les yeux sur la catastrophe en cours.
Une population prise au piège
Sous les bombes, affamés et déplacés à répétition, les habitants de Gaza vivent un cauchemar quotidien. Pour eux, la perspective d’une trêve s’éloigne de jour en jour, laissant place à l’angoisse d’un avenir qui se rétrécit à mesure que s’intensifie l’offensive militaire.


