L’alerte autour du hantavirus à bord du MV Hondius continue de s’étendre. Les autorités sanitaires britanniques ont annoncé la détection d’un nouveau cas suspect chez un ressortissant britannique présent à Tristan da Cunha, l’une des îles habitées les plus isolées au monde, où le navire avait fait escale à la mi-avril.
Ce nouveau signalement intervient alors que plusieurs passagers ayant voyagé à bord du bateau de croisière de luxe sont déjà hospitalisés en Europe et en Afrique australe après avoir contracté le virus. Selon l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), deux citoyens britanniques font actuellement l’objet d’une prise en charge médicale aux Pays-Bas et en Afrique du Sud après des contaminations confirmées.
L’Organisation mondiale de la santé suit désormais de près cette épidémie inhabituelle liée au navire. L’organisation a recensé huit cas associés au foyer épidémique, dont plusieurs confirmés. Le bilan humain s’est alourdi ces derniers jours avec le décès de trois passagers : un couple néerlandais et un ressortissant allemand. D’autres patients originaires de Suisse, des Pays-Bas et du Royaume-Uni restent hospitalisés.
Au cœur des inquiétudes figure la souche dite « Andes » du hantavirus, une variante rare identifiée à bord du MV Hondius. Contrairement à la majorité des hantavirus, généralement transmis à l’être humain par contact avec des rongeurs infectés ou leurs excréments, cette souche particulière peut, dans certains cas exceptionnels, se transmettre entre humains lors de contacts étroits et prolongés.
Malgré la multiplication des cas, l’OMS se veut rassurante. Vendredi, son porte-parole Christian Lindmeier a estimé que le risque de propagation mondiale demeurait « extrêmement faible ». L’organisation souligne que le virus ne présente pas un niveau de contagiosité comparable à celui du Covid-19 ou de la rougeole. Les contaminations observées nécessitent généralement une proximité très importante avec une personne infectée.
Même parmi les voyageurs ayant partagé les mêmes cabines sur le navire, certains n’ont présenté aucun symptôme ni contamination, selon les autorités sanitaires internationales. Deux personnes revenues récemment au Royaume-Uni après leur séjour à bord ont néanmoins été invitées à s’isoler par mesure de précaution, bien qu’elles ne montrent aucun signe de la maladie.
À Tristan da Cunha, la situation suscite une vigilance particulière en raison de l’isolement géographique du territoire. Cette petite communauté d’environ 200 habitants se trouve à plus de 2.400 kilomètres de l’île habitée la plus proche. Les autorités locales ont confirmé l’hospitalisation d’un habitant, tandis que plusieurs autres personnes ayant été en contact avec le navire ont été placées à l’isolement préventif.
Le MV Hondius a quitté récemment le Cap-Vert en direction de Tenerife, où le débarquement des passagers et de l’équipage doit être organisé sous surveillance sanitaire renforcée. Les autorités sanitaires européennes et internationales poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’origine exacte des contaminations et d’évaluer les risques potentiels pour les voyageurs ayant transité par le navire ces dernières semaines.


