L’activité industrielle a marqué le pas au Maroc en novembre 2025, selon la dernière enquête mensuelle de conjoncture publiée par Bank Al-Maghrib. L’indicateur le plus révélateur, le taux d’utilisation des capacités de production, s’est établi à 79 %, en léger recul par rapport aux 80 % enregistrés un mois plus tôt. Une évolution qui confirme un ralentissement global du secteur, malgré quelques poches de résistance.
Dans le détail, la production industrielle s’est inscrite en baisse dans la majorité des branches. Seul le secteur agroalimentaire a échappé à cette tendance, affichant une progression de son activité sur la période. À l’inverse, les industries de la mécanique et métallurgie ainsi que celles du textile et cuir ont enregistré un repli, traduisant un environnement encore contraint pour ces filières, fortement exposées à la demande intérieure et extérieure.
Les ventes ont suivi une dynamique contrastée. Elles ont progressé dans l’agroalimentaire, porté par une demande relativement soutenue, et dans la chimie et parachimie, qui continue de bénéficier d’un positionnement plus résilient. En revanche, les débouchés se sont contractés dans la mécanique et métallurgie ainsi que dans le textile et cuir, secteurs où les tensions sur les coûts et la concurrence internationale pèsent toujours sur les volumes écoulés.
Du côté des commandes, le tableau apparaît légèrement plus encourageant. Globalement en hausse, elles traduisent toutefois des évolutions divergentes selon les branches. La chimie et parachimie, tout comme la mécanique et métallurgie, ont enregistré une progression de leurs carnets, tandis que l’agroalimentaire et le textile et cuir ont vu leurs commandes reculer. À l’échelle de l’ensemble de l’industrie, les carnets de commandes se situent à un niveau jugé normal, même s’ils demeurent inférieurs à la moyenne historique dans la plupart des branches. La mécanique et métallurgie fait figure d’exception, avec un niveau de commandes supérieur à la normale.
Les perspectives à court terme laissent entrevoir une amélioration prudente. Pour les trois prochains mois, les industriels anticipent une hausse de la production, principalement tirée par la chimie et parachimie. Les autres branches s’orienteraient plutôt vers une phase de stagnation, signe d’une reprise encore fragile. Les ventes, en revanche, devraient progresser dans la quasi-totalité des secteurs, à l’exception du textile et cuir, où les chefs d’entreprise tablent sur une stabilité des volumes.
Cette photographie de l’industrie marocaine en novembre 2025 met en lumière un secteur qui peine à retrouver une dynamique homogène. Entre ralentissement de l’activité, disparités sectorielles et attentes modérées pour les mois à venir, les signaux envoyés par Bank Al-Maghrib traduisent une conjoncture encore marquée par l’incertitude, mais aussi par des capacités d’adaptation variables selon les branches.


