Le réseau social Instagram teste actuellement une nouvelle formule d’abonnement baptisée « Instagram Plus », qui permettrait notamment de consulter les stories sans apparaître dans la liste des spectateurs.
Cette fonctionnalité, très attendue par certains utilisateurs soucieux de discrétion, s’inscrit dans une série d’expérimentations menées par sa maison mère Meta pour diversifier ses sources de revenus. Les premiers tests seraient déployés dans quelques marchés comme le Mexique, le Japon et les Philippines, avec un tarif compris entre un et deux dollars par mois.
Au-delà de la consultation anonyme des stories, cette offre premium introduit plusieurs outils supplémentaires. Les abonnés pourraient accéder à des statistiques plus poussées, comme le nombre de vues répétées par une même personne sur leurs publications. D’autres options sont également envisagées, notamment l’envoi de réactions animées de type « Superlike », la possibilité de prolonger la durée de vie des stories au-delà des 24 heures habituelles ou encore leur mise en avant ponctuelle pour gagner en visibilité.
L’abonnement irait plus loin en offrant des fonctionnalités de segmentation avancée. Les utilisateurs pourraient créer des listes d’audience personnalisées pour contrôler précisément qui voit leur contenu, dépassant ainsi la simple distinction entre public et « amis proches ». Une évolution qui rapproche progressivement la plateforme d’outils de communication plus élaborés, habituellement réservés à un usage professionnel.
Avec cette initiative, Meta cherche à monétiser davantage les usages quotidiens de ses milliards d’utilisateurs, et non plus uniquement les créateurs de contenu ou les entreprises. Jusqu’à présent, les offres payantes du groupe, comme Meta Verified, ciblaient principalement les profils professionnels. Ce nouveau positionnement marque un tournant stratégique en transformant l’utilisateur classique en client potentiel.
Cette orientation s’inscrit dans une tendance plus large du secteur. Des plateformes concurrentes comme Snapchat avec Snapchat+ ou X ont déjà franchi le pas des abonnements payants, tout comme YouTube avec son offre Premium. Toutes poursuivent un objectif similaire : réduire leur dépendance aux revenus publicitaires en proposant des services exclusifs.
Reste que cette multiplication des formules payantes pourrait compliquer l’expérience utilisateur. Entre fonctionnalités gratuites, options premium et abonnements spécifiques, l’écosystème des réseaux sociaux devient plus fragmenté. Certains internautes pointent déjà une forme de marchandisation des interactions, où la visibilité et les fonctionnalités dépendent de plus en plus de la capacité à payer.
Pour l’heure, Meta se contente d’expérimenter et n’a pas annoncé de déploiement global. Mais une chose se confirme : sur Instagram comme ailleurs, le modèle économique évolue, et la gratuité totale semble progressivement reculer au profit d’une offre hybride, mêlant accès libre et services premium.


