Figure reconnue de la production cinématographique internationale, Khadija Alami s’apprête à franchir une nouvelle étape avec un projet d’envergure destiné à renforcer la place du Maroc sur la carte mondiale du cinéma.
La productrice, qui partage sa carrière entre le Maroc et Los Angeles et dispose déjà d’un studio à Ouarzazate; où a notamment été tournée une saison de Prison Break, est à l’origine de la création d’une vaste cité du cinéma près de Rabat, selon des informations rapportées par Le Monde.
Baptisé provisoirement Argan Studios, le projet ambitionne de mettre en place le premier écosystème cinématographique pleinement intégré du Royaume. Implanté entre Rabat et Casablanca, le complexe s’étendra sur près de 80 hectares et réunira de grands plateaux de tournage, un campus dédié à la formation aux métiers du cinéma, des infrastructures hôtelières ainsi que des espaces d’affaires et de conférences.
L’investissement global est estimé à près de 70 millions d’euros. Le démarrage des travaux est attendu cette année, avec une première ouverture des studios envisagée en 2027, avant une mise en service complète à l’horizon 2030.
Une partie du foncier, environ 40 hectares, sera acquise auprès de l’État marocain. La société K Films, fondée par Khadija Alami, devrait mobiliser près de 18 millions d’euros selon LeMonde, dont une large part financée par un emprunt bancaire au Maroc. Le montage financier pourrait également bénéficier du soutien d’institutions nationales, telles que la Caisse de dépôt et de gestion, ainsi que d’organismes internationaux.
Le projet suscite déjà l’intérêt de plusieurs grandes plateformes de streaming, parmi lesquelles Netflix, Prime Video et Disney, attirées par la perspective de studios modernes offrant une chaîne de production complète, du tournage à la postproduction. L’implication d’un opérateur américain spécialisé dans la gestion de studios aurait également renforcé l’attractivité du site auprès de ces acteurs.
Contrairement aux infrastructures de Ouarzazate, historiquement tournées vers les décors naturels et les tournages en extérieur, Argan Studios misera principalement sur des équipements intérieurs de grande capacité. Sa proximité immédiate avec les aéroports de Rabat et Casablanca, accessibles en une trentaine de minutes, constitue un atout logistique majeur.
À travers ce projet, Khadija Alami entend positionner le Maroc comme une plateforme compétitive de production cinématographique internationale, capable de rivaliser avec des destinations déjà bien établies telles que l’Afrique du Sud, l’Espagne ou Malte, tout en consolidant un savoir-faire local appelé à se structurer durablement.

