Dans un discours solennel prononcé ce lundi 22 septembre à l’Assemblée générale des Nations unies, le président Emmanuel Macron a annoncé la reconnaissance par la France de l’État de Palestine. Une décision historique, à forte portée symbolique, qui confirme l’engagement de Paris en faveur de la solution à deux États.
Une décision attendue
Cette reconnaissance s’inscrit dans la continuité de la “Déclaration de New York”, adoptée le 12 septembre dernier par 142 des 193 États membres de l’ONU. Le texte réaffirmait l’objectif de bâtir un État palestinien viable et souverain, tout en appelant à un cessez-le-feu immédiat à Gaza et à la libération des otages. Il précisait également que le Hamas ne prendrait pas part au processus politique.
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C’est dans ce cadre, lors d’un sommet coparrainé par la France et l’Arabie saoudite, que Paris a décidé de franchir le pas, espérant redonner un souffle à une paix régionale menacée par l’intensification des offensives israéliennes sur Gaza.
Une trajectoire diplomatique progressive
La reconnaissance de la Palestine par la France était en préparation depuis plusieurs mois. En avril, lors d’un déplacement en Égypte et d’une visite auprès de blessés palestiniens à la frontière de Gaza, le chef de l’État avait laissé entendre qu’une décision interviendrait “d’ici juin”. Mais l’escalade militaire impliquant Israël et l’Iran avait retardé l’échéance.
La dynamique a repris cet été : un débat parlementaire sur le Proche-Orient a été organisé le 25 juin à l’Assemblée nationale, suivi d’un engagement clair de Macron, le 24 juillet, à officialiser cette reconnaissance lors de l’Assemblée générale de septembre. Juridiquement, la décision relève de la seule prérogative présidentielle et n’exige pas de vote du Parlement.
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???? C’est officiel ! la France reconnaît désormais l’État palestinien. pic.twitter.com/H6vFiZMTEz
— Les Spectateurs (@SpectateursFr) September 22, 2025
L’Europe se repositionne
Avec cette annonce, la France rejoint un groupe croissant de pays européens qui ont déjà reconnu la Palestine. La Belgique, le Luxembourg et Malte ont franchi le pas lors de cette même Assemblée générale. Au total, ce sont désormais 16 membres de l’Union européenne qui reconnaissent officiellement un État palestinien.
Depuis la proclamation d’indépendance de 1988, la Palestine a reçu la reconnaissance de plus de 150 États, représentant près de 75 % des membres de l’ONU. Après le ralliement de la France et du Royaume-Uni, un seul membre permanent du Conseil de sécurité continue de s’y opposer : les États-Unis, allié indéfectible d’Israël.
Une portée symbolique forte
En choisissant la tribune onusienne pour officialiser sa décision, Paris adresse un signal politique : celui de vouloir rester un acteur majeur au Proche-Orient, à un moment où la région est traversée par des tensions d’une rare intensité. La reconnaissance française ne met pas fin au conflit, mais elle ambitionne de replacer le droit international et le multilatéralisme au cœur d’un processus de paix enlisée.

