Passé un certain âge, surveiller sa tension artérielle devient bien plus qu’un simple réflexe médical : c’est une nécessité pour prévenir des complications graves, notamment au niveau cérébral. Chez les personnes âgées, une pression artérielle mal contrôlée pourrait favoriser le développement de troubles cognitifs, jusqu’à entraîner des formes de démence.
La pression artérielle reflète la force avec laquelle le sang circule dans les artères. Elle dépend en grande partie du fonctionnement du cœur et des vaisseaux sanguins. C’est pourquoi sa vérification est devenue un acte de routine lors des consultations médicales. « Les seuils à ne pas dépasser sont les mêmes chez les hommes et les femmes, mais nous redoublons de vigilance en présence de facteurs aggravants comme le tabagisme, les antécédents cardiaques ou une fonction rénale altérée », précise le Dr Sophie Bauer, spécialiste en chirurgie cardiovasculaire. Avec l’âge, les reins perdent en efficacité, ce qui peut expliquer l’augmentation progressive de la tension.
Un risque sous-estimé pour le cerveau ?
Dès 70 ans, il est conseillé de faire contrôler sa tension au moins deux fois par an. Une hypertension non diagnostiquée peut provoquer des céphalées importantes, mais elle reste souvent silencieuse, ce qui la rend d’autant plus dangereuse. « Elle peut affecter les petites artères du cerveau et compromettre leur bon fonctionnement. Cela peut, à terme, contribuer à des lésions cérébrales propices à la démence », ajoute la spécialiste.
La tension idéale chez un adulte est de 120/80 mmHg, mais une légère élévation est tolérée chez les personnes âgées. À 70 ans, il est préférable que la pression systolique reste sous les 140 mmHg et que la diastolique ne dépasse pas les 90 mmHg. Pour les profils plus âgés et fragilisés, une systolique jusqu’à 150 mmHg peut être acceptée.
Traiter l’hypertension, c’est aussi l’adapter à l’âge du patient. Des traitements spécifiques sont disponibles et doivent être ajustés en fonction du profil de chacun. Une démarche préventive essentielle pour préserver la santé cardiovasculaire… et les capacités cognitives.


