Un croisement improbable entre un lapin et un monstre, des couleurs flashy, et une aura virale alimentée par les stars : bienvenue dans l’univers complètement dément de Labubu. Ce drôle de personnage né sous les crayons de l’artiste hongkongais Kasing Lung est aujourd’hui au cœur d’une frénésie mondiale qui dépasse largement le simple phénomène de mode.
Quand la Chine investit l’imaginaire mondial
À l’origine, Labubu fait partie de la collection The Monsters, une série d’illustrations inspirée de la mythologie nordique. Mais c’est en 2019, lorsque le géant chinois du jouet Pop Mart transforme l’œuvre en figurines de collection, que la machine s’emballe. Et la Chine, qui ne plaisante jamais avec l’avenir de ses industries culturelles, tient là son nouveau phénomène mondial.
@bullringgc The Labubu fever is REAL ?? #bullring #bullringbirmingham #birminghamshopping #PopMart #Labubu ♬ original sound – POP MART
Pop Mart, aujourd’hui fort de plus de 400 boutiques à travers le monde, a généré plus de 13 milliards de yuans de chiffre d’affaires en 2023, soit environ 18,1 milliards de dirhams marocains. Rien que les ventes de Labubu ont rapporté près de 3 milliards de yuans (4,2 milliards de dirhams).
Un succès propulsé par les stars et TikTok
Mais comment expliquer cette hystérie ? Il suffit d’observer les réseaux sociaux. Sur TikTok, le hashtag #labubu explose avec plus de 2 millions de publications au Canada et une audience dominée par les 18-24 ans. Une montée en puissance largement dopée par le soutien inattendu de plusieurs célébrités : Lisa de BLACKPINK, véritable ambassadrice officieuse de la créature, mais aussi Rihanna, Dua Lipa, Olivia Atwood et même David Beckham. Tous affichent fièrement leur Labubu, transformant l’objet en accessoire de mode et en graal pour les collectionneurs.
@aixakp #lycheeberry is #winning #pink #labubuthemonsters #labubu #idontcare ♬ Pour It Up – Rihanna
Des prix qui s’envolent… jusqu’au délire
Initialement vendus à prix modérés, de 299 à 2999 dirhams dans les circuits officiels, les Labubu atteignent des sommets ahurissants sur le marché secondaire. Sur la plateforme StockX, un modèle exclusif en collaboration avec Vans se négocie à près de 7324 dollars canadiens, soit environ 58 000 dirhams marocains.
Mais le summum de la spéculation a été atteint à Pékin : lors d’une vente aux enchères, une figurine turquoise de 131 cm s’est arrachée à 1,08 million de yuans (environ 1,5 million de dirhams marocains), tandis qu’une autre pièce brune de 160 cm a trouvé preneur à 820 000 yuans (environ 1,1 million de dirhams). Des montants dignes du marché de l’art contemporain.
Un engouement mondial… jusqu’à la rupture
Face à l’explosion de la demande, Pop Mart a même dû suspendre temporairement la vente de ses Labubu au Royaume-Uni pour des raisons de sécurité : files d’attente interminables, boutiques dévalisées, collectionneurs campant plusieurs jours devant les magasins… Le phénomène Labubu échappe à tout contrôle.
Au-delà de l’effet de mode, Labubu incarne parfaitement la nouvelle génération de collectibles qui marient culture pop, stratégie marketing fine et spéculation exacerbée. Avec la puissance industrielle de la Chine en arrière-plan, Pop Mart illustre comment Pékin entend désormais jouer à armes égales avec les géants occidentaux du divertissement.


