Quand la mer s’accorde une pause, c’est tout un écosystème qui respire à nouveau. Le Maroc vient d’instaurer une nouvelle période de repos biologique pour la sardine, emblème de ses côtes atlantiques, afin de préserver une ressource menacée par la surpêche et l’exploitation intensive.
Le Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime a officialisé, le 4 novembre, une série de mesures destinées à protéger les poissons pélagiques. Un décret fixe à 45 jours la durée du repos biologique de la sardine sur les côtes d’Agadir, entre le 1er janvier et le 15 février 2026.
Selon les informations relayées par Al Akhbar, cette trêve s’appliquera du site de Taghnaj, relevant de la délégation maritime d’Agadir, jusqu’au cap Boujour, dans la juridiction de Laâyoune. Sur un second front, la même mesure interdira toute pêche de sardines entre Boujdour et Dakhla, du 1er janvier au 28 février 2026.
Cette suspension temporaire, expliquent les autorités, vise à enrayer le déclin des stocks et à favoriser la reproduction naturelle des espèces. L’Institut national de recherche halieutique (INRH) avait d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme : les indicateurs biologiques montrent un affaiblissement préoccupant des populations de petits pélagiques, soumis à une pression d’exploitation intense.
Face à ce constat, la stratégie adoptée repose sur un principe simple mais vital : laisser la nature reprendre ses droits. Cette période de repos devrait ainsi permettre la régénération des habitats marins et la reconstitution progressive des bancs de sardines, dont certaines zones sont déjà classées au niveau critique « C », synonyme d’épuisement avancé.


