Le maintien de l’heure légale GMT+1 au Maroc perd l’un de ses principaux arguments. Interpellée lundi à la Chambre des représentants, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a reconnu que ce décalage horaire n’apporte pas les gains énergétiques attendus durant l’hiver, relançant un débat déjà très sensible dans l’opinion publique.
Selon les premières données analysées par son département, l’impact du GMT+1 sur la consommation d’électricité varie fortement selon les saisons. Si le dispositif permet effectivement de réduire la demande énergétique pendant les mois d’été, lorsque les journées sont plus longues, cet effet s’atténue nettement en hiver. Les économies deviennent alors marginales, voire inexistantes, au point de remettre en question la pertinence de maintenir cette heure tout au long de l’année.
Cette remise en cause fragilise un argument longtemps avancé pour justifier le choix du fuseau horaire. Le levier énergétique, présenté comme central, ne semble plus suffisant pour soutenir une mesure qui suscite, depuis plusieurs années, une contestation persistante. Une pétition citoyenne a récemment dépassé les 340.000 signatures, portée par une mobilisation massive sur les réseaux sociaux, signe d’un rejet qui dépasse désormais les cercles habituels de débat.
Face à cette pression et à l’évolution des usages, la ministre a indiqué qu’une actualisation de l’étude d’impact sera engagée. Ce travail sera mené en coordination avec le ministère délégué chargé de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. L’objectif est de réévaluer, sur des bases actualisées, les effets réels du GMT+1, en tenant compte des transformations des modes de vie, du télétravail, des habitudes de consommation et des nouveaux rythmes économiques.
Aucune décision n’a toutefois été annoncée à ce stade. Le gouvernement se retrouve dans une position délicate, faute de données récentes permettant d’arbitrer de manière tranchée. Entre impératifs énergétiques, contraintes économiques et attentes sociales, la question du retour à l’heure légale GMT reste ouverte.
Au-delà des considérations techniques, le débat touche directement au quotidien des citoyens. Les critiques récurrentes portent sur les perturbations du sommeil, l’impact sur les rythmes scolaires et professionnels, ainsi que sur le décalage avec le cycle naturel de la lumière, particulièrement en hiver. Autant d’éléments qui pèsent désormais dans la balance au moment où l’efficacité énergétique du dispositif est elle-même contestée.
La décision finale dépendra donc des conclusions de l’étude en cours. Elle devra trancher entre un dispositif dont l’efficacité apparaît saisonnière et une demande sociale de plus en plus structurée en faveur d’un retour à l’heure universelle.


