L’ampleur des besoins humanitaires au Liban dépasse largement les ressources actuellement mobilisées, alors que le pays reste marqué par plusieurs semaines d’affrontements entre Israël et le Hezbollah pro-iranien. L’Organisation des Nations unies (ONU) alerte sur un déficit critique de financement qui compromet la continuité de ses opérations sur le terrain.
Sur les 308 millions de dollars sollicités dans le cadre de son appel d’urgence, seulement 94 millions ont été réunis à ce stade. Un niveau jugé insuffisant pour répondre à l’intensification des besoins, alors que les populations civiles continuent de subir les conséquences directes du conflit. L’ONU et ses partenaires humanitaires maintiennent leurs interventions, notamment à travers une assistance psychosociale destinée à des milliers d’enfants et à leurs familles, ainsi que des actions de regroupement familial et de sensibilisation aux risques liés aux engins non explosés.
La crise humanitaire au Liban s’inscrit également dans une dynamique régionale. Depuis le début du mois de mars, des dizaines de milliers de personnes ont fui vers la Syrie voisine. Parmi elles, environ 3.100 femmes enceintes, dont près de 350 devraient accoucher dans les semaines à venir, souvent sans accès à des soins adaptés. Dans des abris surpeuplés, ces familles font face à des conditions de vie précaires, marquées par le manque de nourriture, de médicaments et de services d’assainissement. Les femmes et les filles restent particulièrement exposées aux violences basées sur le genre, aggravant une situation déjà critique.
Sur le terrain, les responsables humanitaires constatent l’ampleur des dégâts. Le coordonnateur des secours d’urgence des Nations unies, Tom Fletcher, s’est rendu cette semaine au Liban, où il a visité des centres d’hébergement et rencontré des familles déplacées ainsi que des équipes de secours, notamment celles de la Croix-Rouge libanaise. À la frontière syro-libanaise, il a également échangé avec des personnes ayant choisi de retourner en Syrie, malgré l’instabilité persistante, avec l’espoir de reconstruire leur vie dans leurs communautés d’origine.
Au-delà de l’urgence humanitaire, la question de la reconstruction commence à s’imposer dans les discussions internationales. Une visite conjointe en Syrie, associant les Nations unies et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), vise à amorcer une transition progressive entre aide d’urgence et relèvement durable.
Parallèlement, le patrimoine culturel libanais fait lui aussi l’objet d’une attention particulière. Trente-neuf sites ont été placés sous protection renforcée par l’UNESCO afin de prévenir toute destruction ou utilisation militaire. Des dommages ont déjà été signalés, notamment dans la ville historique de Tyr, classée au patrimoine mondial, illustrant l’impact du conflit au-delà de la seule dimension humanitaire.
Face à l’ampleur des besoins, les agences onusiennes appellent à une mobilisation rapide de la communauté internationale. Sans un afflux significatif de financements, la capacité d’intervention sur le terrain risque de s’éroder, au moment même où la crise atteint un seuil critique.


