Marché de Casablanca
Le marché de gros de Casablanca a connu cette semaine un jeu d’équilibre subtil : tandis que les étals de légumes s’enflamment, les prix de la viande rouge amorcent un léger retour à la normale. Un mouvement qui illustre les fluctuations saisonnières de l’offre agricole et les effets de la demande urbaine en pleine transition automnale.
Selon le dernier relevé de Casablanca Prestations, publié le 8 octobre, la dynamique des prix affiche de fortes disparités selon les produits. La tomate et le chou-fleur voient leurs tarifs grimper sensiblement, alors que le chou blanc s’effondre. Du côté des fruits, les clémentines s’installent en tête des hausses, à contre-courant des pommes locales, dont les prix se replient. Quant aux viandes rouges, elles amorcent un recul mesuré, confirmant une détente sur le segment bovin comme ovin.
La tomate, baromètre du marché, enregistre la plus forte progression de la semaine : son prix d’entrée grimpe de 1 dirham pour atteindre 2,50 DH/kg, et le plafond s’élève à 5,50 DH. Même trajectoire pour le chou-fleur, dont la fourchette de prix s’élargit entre 2 et 4 DH le kilo. À l’inverse, le chou blanc recule brutalement, perdant jusqu’à 2 DH sur son prix plafond, désormais fixé à 2 DH/kg.
Les courgettes et concombres connaissent, eux, des trajectoires divergentes : les premières renchérissent légèrement, tandis que les seconds corrigent leur plafond d’un dirham. Les autres produits maraîchers -courges, carottes, oignons frais, pommes de terre ou aubergines- conservent des niveaux inchangés, témoignant d’une relative stabilité sur ce segment
Côté vergers, la tendance reste contrastée. Les clémentines, dopées par une demande croissante, progressent de 2 à 2,5 dirhams sur l’ensemble de leur fourchette, tandis que les pommes locales perdent un dirham sur leur plancher. Les variétés importées, plus haut de gamme, voient au contraire leurs prix plafonds grimper à 22 DH/kg. Bananes, oranges, raisins, grenades et avocats se maintiennent sans variation notable.
Sur le front carné, le marché enregistre une accalmie : la viande bovine recule légèrement, avec un prix d’entrée ramené à 72 DH/kg, tandis que la viande ovine suit le même mouvement, à 85 DH le kilo. Une évolution interprétée comme une correction technique après plusieurs semaines de tension sur l’offre.
En somme, la semaine révèle un marché contrasté, tiraillé entre les poussées haussières des produits frais et le reflux des protéines animales. Une photographie fidèle des dynamiques agricoles du moment, où la météo, les circuits logistiques et les comportements d’achat dictent plus que jamais la loi du marché.


