En 2025, le Maroc s’impose comme le troisième exportateur mondial de choux de Bruxelles, avec 32.600 tonnes expédiées à l’international pour plus de 14 millions de dollars de recettes.
Un record historique pour la filière, porté par une progression annuelle de 10 % et une croissance spectaculaire depuis 2020, où les volumes ont été multipliés par 8,5, selon les données d’EastFruit. Sur les cinq dernières campagnes, la hausse moyenne atteint 54 % par an, plaçant le Royaume derrière le Mexique et les Pays-Bas dans ce segment spécifique des légumes d’exportation.
Cette performance confirme la montée en puissance de l’agriculture marocaine sur des niches à forte valeur ajoutée. Longtemps marginal dans les échanges mondiaux, le chou de Bruxelles marocain s’est progressivement taillé une place stratégique sur plusieurs marchés clés. La structure des exportations reste dominée par l’Afrique de l’Ouest. La Mauritanie absorbe à elle seule 60,9 % des volumes, tandis que le Sénégal en représente 23,3 %. La progression de 30 % des expéditions vers Dakar en 2025 a constitué le principal moteur du record enregistré cette année.
Le marché européen conserve toutefois un rôle déterminant dans l’équilibre de la filière. Les Pays-Bas servent de plateforme logistique majeure, redistribuant une partie des cargaisons vers d’autres pays du continent. Le Royaume-Uni, de son côté, s’affirme comme le débouché le plus dynamique depuis le Brexit. Les exportations marocaines vers le marché britannique ont été multipliées par dix en quelques années, couvrant certains mois jusqu’à la moitié des importations du pays. En 2025, l’ensemble européen représente 14,6 % des ventes marocaines de choux de Bruxelles.
La saisonnalité des flux illustre une organisation fine des débouchés. Entre mars et juin, les expéditions se concentrent vers l’Europe, période durant laquelle la demande y est la plus soutenue. D’août à décembre, l’Afrique de l’Ouest prend le relais, assurant une continuité commerciale et une stabilisation des volumes sur l’année entière. Cette complémentarité limite les risques liés à la dépendance d’un seul marché et renforce la résilience des exportateurs marocains.
Les conditions climatiques ont également joué en faveur du Royaume. Les épisodes de gel sévère ayant affecté certaines zones de production européennes cet hiver ont réduit l’offre locale, ouvrant davantage d’opportunités aux fournisseurs alternatifs. Dans ce contexte, le Maroc consolide sa réputation de partenaire fiable, capable d’assurer des livraisons régulières et compétitives.
Au-delà des chiffres, ce record de 2025 traduit une transformation plus large du modèle agricole marocain : diversification des cultures, adaptation aux fenêtres commerciales internationales et montée en gamme sur des produits spécifiques. Sur le marché mondial des choux de Bruxelles, le Royaume n’est plus un acteur périphérique. Il s’installe durablement parmi les leaders.


