Le Maroc renforce son soutien à l’entrepreneuriat. Lundi à Rabat, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a officialisé, aux côtés de partenaires institutionnels marocains, le lancement du Programme d’appui et de financement de l’entrepreneuriat pour la création d’emplois (PAFE-Emplois), un dispositif conçu pour stimuler la création d’entreprises, faciliter l’accès au financement des très petites et moyennes entreprises (TPME) et générer des emplois durables.
Présenté lors d’un atelier réunissant représentants de la BAD, administrations publiques, bailleurs de fonds et opérateurs techniques, le programme mise sur des mécanismes financiers orientés vers des résultats mesurables. L’objectif est clair : transformer le potentiel entrepreneurial en emplois concrets, en reliant garanties, subventions à l’investissement et performances en matière d’embauche.
Le PAFE-Emplois s’attaque à plusieurs maillons faibles de l’écosystème entrepreneurial : accompagnement des porteurs de projets, accès au crédit, incitations adaptées aux TPME et déploiement d’approches innovantes pour soutenir l’activité économique locale. Les jeunes entrepreneurs et les petites structures, souvent freinés par le manque de fonds ou d’encadrement, constituent la cible prioritaire.
Une attention particulière est accordée aux femmes cheffes d’entreprise. Grâce à un don mobilisé via l’initiative AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) et le mécanisme international Women Entrepreneurs Finance Initiative (We-Fi), des subventions seront accordées pour aider les entrepreneures à structurer leurs projets, renforcer leur crédibilité financière et lever des capitaux. Ce soutien vise à réduire l’écart d’accès au financement qui pénalise encore largement l’entrepreneuriat féminin.
Pour Achraf Tarsim, responsable du bureau pays de la BAD au Maroc, cette approche fondée sur la performance doit améliorer l’efficacité des projets soutenus et dynamiser le tissu économique local. En conditionnant les financements à des objectifs d’emplois, la Banque entend encourager des investissements à impact réel plutôt que des aides ponctuelles sans suivi.
Du côté des autorités marocaines, le programme s’inscrit dans une stratégie plus large. Il accompagne la Feuille de route nationale pour l’emploi ainsi que la Stratégie d’inclusion financière, deux chantiers destinés à élargir l’accès aux opportunités économiques et à formaliser davantage l’activité des petites entreprises. Pour Abdeljalil El Hafre, directeur adjoint du Trésor et des Finances extérieures chargé du secteur financier, l’entrepreneuriat et les TPME doivent devenir un moteur central de création d’emplois stables et déclarés.
L’atelier de lancement, auquel ont participé plus de quarante acteurs publics et privés, a permis de préciser la gouvernance du dispositif, les modalités de financement et les exigences environnementales et sociales. Une feuille de route opérationnelle a été arrêtée pour accélérer la phase de démarrage.
Outre la BAD, plusieurs partenaires appuient le programme, notamment le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Tamwilcom, la Banque allemande de développement (KfW) et la Banque islamique de développement (BID). Cette mobilisation collective illustre la volonté de coordonner les efforts pour renforcer l’écosystème entrepreneurial marocain.
Présente au Maroc depuis près d’un demi-siècle, la Banque africaine de développement a déjà engagé près de 15 milliards d’euros dans plus de 150 projets couvrant des secteurs clés tels que le transport, l’eau, l’énergie, l’agriculture ou encore la gouvernance financière. Avec le PAFE-Emplois, elle place désormais l’entrepreneuriat et l’emploi au cœur de son action, pariant sur les petites entreprises comme levier direct de croissance et d’inclusion sociale.


