Les réserves en eau des barrages au Maroc connaissent un net redressement en ce début de printemps. Au 10 avril 2026, le volume global stocké dépasse 12,8 milliards de mètres cubes, soit plus du double des niveaux enregistrés à la même période en 2025. Une progression spectaculaire de 101% qui s’explique par les précipitations abondantes tombées ces dernières semaines sur plusieurs régions du Royaume.
Cette amélioration s’est confirmée sur les dernières 24 heures, marquées par des apports significatifs dans plusieurs ouvrages stratégiques. Dans la province de Taounate, le barrage Idriss Ier a reçu près de 3,8 millions de m³ supplémentaires, portant son taux de remplissage à 93,4%. Le barrage Al Wahda, situé dans la même zone, a également bénéficié d’un apport important avoisinant 3,3 millions de m³, atteignant ainsi 86,4%.
Plus au centre, le barrage Bin El Ouidane, dans la province d’Azilal, affiche l’un des niveaux les plus élevés du pays avec un taux de remplissage de 94,6%, après des entrées d’eau estimées à 2,9 millions de m³. À l’inverse, certains grands barrages continuent de faire face à une pression persistante. C’est notamment le cas d’Al Massira, dans la province de Settat, dont le taux de remplissage reste limité à 36,3%, malgré un apport récent de 2,8 millions de m³.
À l’échelle nationale, le taux global de remplissage dépasse désormais les 74%, contre à peine 38% un an auparavant. Cette évolution traduit une amélioration sensible de la situation hydrique, après plusieurs années marquées par un stress prolongé et des épisodes de sécheresse.
Les disparités entre bassins hydrauliques restent toutefois marquées. Le Loukkos, le Bouregreg et le Tensift affichent des niveaux particulièrement confortables, avec des taux de remplissage dépassant les 90%. Le bassin du Sebou se maintient également à un niveau élevé. En revanche, d’autres zones continuent d’enregistrer des niveaux plus fragiles. Le Souss-Massa atteint difficilement 56%, tandis que le Guir-Ziz-Ghris reste autour de 54,5%. Le bassin de Draa-Oued Noun demeure le plus déficitaire, avec un taux de remplissage de 40,6%.
Ce regain des réserves en eau offre un répit bienvenu, notamment pour l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable. Il reste toutefois conditionné à la régularité des précipitations dans les mois à venir. Après plusieurs années de tension hydrique, la situation s’améliore, mais l’équilibre reste encore fragile.


