La croissance économique du Maroc a légèrement ralenti au quatrième trimestre 2025, s’établissant à 4,1% contre 4,2% un an plus tôt, selon les dernières données publiées par le Haut-Commissariat au Plan. Une évolution modérée qui reflète surtout l’essoufflement des activités non agricoles, malgré un net redressement du secteur primaire.
Dans le détail, les activités non agricoles ont vu leur rythme de progression reculer à 4%, contre 4,8% à la même période de 2024. À l’inverse, l’agriculture a retrouvé des couleurs, enregistrant une hausse de 4,7% après une contraction de 4,8% un an auparavant. Cette reprise, bien que significative, reste partiellement atténuée par la chute persistante de la pêche, dont l’activité s’est contractée de 13,6%.
Le secteur secondaire confirme un léger ralentissement, avec une croissance de 3,5%. Cette dynamique s’explique par le recul des activités minières, ainsi que par une progression moins soutenue du bâtiment et travaux publics et des branches liées à l’électricité et à l’eau. Seules les industries de transformation tirent leur épingle du jeu, affichant une amélioration notable de leur croissance à 4,1%.
Du côté des services, la tendance est également à la modération. Le secteur tertiaire enregistre une progression de 4,4%, en retrait par rapport aux 5,4% observés un an plus tôt. Plusieurs segments clés marquent le pas, notamment les services financiers, le transport, l’hôtellerie-restauration ou encore le commerce. Cette décélération traduit un environnement économique plus mesuré, malgré le maintien d’une certaine dynamique de fond.
La croissance reste toutefois soutenue par la demande intérieure, qui continue de jouer un rôle central. Celle-ci a progressé de 6,2%, contribuant à hauteur de 6,8 points à la croissance globale. La consommation des ménages s’inscrit en hausse de 4,4%, tandis que celle des administrations publiques accélère à 7,9%. L’investissement, en revanche, ralentit nettement, avec une progression ramenée à 8,5% contre 12,3% auparavant.
Sur le front des échanges extérieurs, la tendance est également au ralentissement. Les exportations progressent de 6,1%, en baisse par rapport à 9,8% un an plus tôt, tandis que les importations augmentent de 10%, contre 14% précédemment. Au final, la contribution des échanges extérieurs reste négative, pesant à hauteur de 2,6 points sur la croissance.
En valeur, le produit intérieur brut a augmenté de 6,8%, marquant une décélération par rapport à 9,1% un an auparavant. Cette évolution s’accompagne d’un net ralentissement de l’inflation, qui s’établit à 2,7% contre 4,9% au quatrième trimestre 2024. Dans ce contexte, le revenu national brut disponible progresse de 5,7%, pénalisé par la baisse des revenus nets en provenance de l’étranger.
L’épargne nationale se maintient à 30,8% du PIB, dans un contexte de ralentissement de la consommation finale en valeur. L’investissement brut représente désormais 33,4% du PIB, ce qui se traduit par un besoin de financement porté à 2,6%, contre 1,7% un an plus tôt.
Au terme de ce quatrième trimestre, l’économie marocaine confirme sa résilience, mais évolue sur un rythme plus mesuré. Entre reprise agricole, ralentissement des services et modération de l’investissement, les équilibres restent fragiles, dans un contexte où la maîtrise de l’inflation constitue l’un des principaux points d’appui.


