Un maire mexicain a été tué par balle mercredi dans l’État de Morelos, quelques mois après avoir échappé à une première tentative d’assassinat. Valentín Lavín Romero, maire de Temoac et membre du Parti vert, allié de la formation au pouvoir Morena, a été abattu à l’intérieur de la mairie par des hommes armés qui ont pris la fuite à moto.
L’attaque s’est produite en pleine journée, lorsque les assaillants ont pénétré dans les locaux municipaux avant d’ouvrir le feu sur l’élu. Les autorités n’ont, pour l’heure, identifié ni les auteurs ni le mobile du meurtre. Le parquet de Morelos a assuré qu’il explorerait « toutes les pistes d’enquête » afin de faire la lumière sur cette affaire.
Valentín Lavín Romero avait déjà été la cible d’une attaque à la fin du mois de janvier. Des hommes armés avaient alors tiré sur lui dans une station-service située le long d’une autoroute. Le maire avait survécu à cette première tentative d’assassinat.
Son meurtre intervient dans un contexte de forte pression exercée par les groupes criminels sur les autorités locales au Mexique. Depuis l’arrivée de Claudia Sheinbaum à la présidence, en octobre 2024, Valentín Lavín Romero est le 14e maire assassiné dans le pays, selon les informations rapportées dans ce contexte.
Depuis 2006, près d’une centaine de maires ont été tués au Mexique. Cette année-là, le président Felipe Calderón avait lancé une vaste offensive militaire contre les organisations criminelles et les cartels de la drogue. Cette stratégie avait été suivie d’une forte hausse des violences liées au narcotrafic.
Le pouvoir municipal reste particulièrement vulnérable face au crime organisé. À l’échelle locale, les groupes criminels cherchent à nouer des relations avec les responsables publics afin de consolider leur contrôle sur certains territoires et sur les activités économiques qui s’y développent. Les élus municipaux disposent par ailleurs de moyens de protection souvent plus limités que les responsables des niveaux de gouvernement supérieurs.
Le parcours de Valentín Lavín Romero était lui-même entouré de controverses. Des médias locaux ont fait état de liens présumés entre le maire et des groupes criminels. Sa belle-mère, qui avait auparavant occupé le poste de trésorière de la municipalité, avait été arrêtée en septembre 2025 pour ses liens présumés avec une organisation criminelle appelée « Los Aparicio » et pour son implication supposée dans des affaires d’enlèvement.
En mars, le Front populaire pour la défense de la terre et de l’eau, un collectif militant, avait également demandé l’ouverture d’une enquête visant le maire, en raison de soupçons concernant son implication présumée dans les meurtres de deux militants, Samir Flores et Sandra Rosa Camacho Flores.
Quelques mois après la première tentative d’assassinat contre lui, une banderole attribuée à un groupe criminel avait par ailleurs été retrouvée dans le centre de Temoac. Le message accusait notamment Valentín Lavín Romero de protéger des groupes rivaux et lui demandait de se conformer aux intérêts de l’organisation.
Cet assassinat intervient alors que le gouvernement fédéral mexicain tente de démanteler les réseaux de corruption qui relient certaines autorités municipales aux organisations criminelles. Dans le cadre de l’« Operation Swarm », 85 responsables publics ont déjà été arrêtés dans trois États, dont celui de Morelos.
Sur le front de la sécurité, les données officielles font état d’une baisse d’environ moitié du taux d’homicides au Mexique au cours de la dernière année. Des analystes de la sécurité estiment toutefois que le recul réel pourrait être moins marqué que ne le suggèrent les statistiques officielles. Parallèlement, le pays compte toujours plus de 130 000 personnes officiellement portées disparues, un chiffre qui illustre l’ampleur persistante de la crise sécuritaire.

