La délégation de la Fédération iranienne de football a brusquement quitté le Canada et renoncé à participer au congrès de la FIFA, prévu cette semaine à Vancouver, après un incident survenu à son arrivée à l’aéroport international Pearson de Toronto. En cause, selon les autorités sportives iraniennes, un comportement jugé offensant de la part des agents de l’immigration, visant notamment une institution militaire centrale du pays.
Le président de la fédération, Mehdi Taj, et le secrétaire général, pourtant munis de visas valides, ont repris le premier vol disponible à destination de la Turquie quelques heures seulement après leur atterrissage. Dans un communiqué relayé par plusieurs médias iraniens, l’instance dénonce des propos perçus comme une insulte à l’un des organes « les plus honorables » de l’État iranien, faisant référence aux Gardiens de la révolution islamique.
L’incident s’inscrit dans un climat diplomatique déjà tendu entre Ottawa et Téhéran. Depuis 2024, le Canada a officiellement classé les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste, une décision qui complique considérablement les déplacements de responsables liés, de près ou de loin, à cette structure. Interrogées sur l’affaire, les autorités canadiennes ont réaffirmé leur position, soulignant que les membres de cette organisation ne sont pas les bienvenus sur leur territoire, sans commenter de cas individuels.
Ce nouvel épisode intervient à quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, coorganisée par le Canada, les États-Unis et le Mexique. Si la participation de la sélection iranienne n’est pas remise en question, la présence de certains dirigeants et membres de l’encadrement suscite des interrogations croissantes. À Washington, le secrétaire d’État Marco Rubio a récemment assuré que les joueurs ne seraient pas empêchés de disputer la compétition, tout en laissant entendre que des restrictions pourraient viser certaines personnalités associées à l’appareil politico-militaire iranien.
Malgré la tension, des échanges ont eu lieu entre la fédération iranienne et la FIFA, qui a exprimé ses regrets face à la situation. Reste que cet incident illustre les frictions persistantes entre enjeux sportifs et considérations géopolitiques, à l’approche d’un événement mondial où chaque détail logistique et diplomatique peut peser lourd.


