Le numérique s’impose comme un pilier de la stratégie de développement territorial du Maroc. Intervenant vendredi 24 juillet 2026 à Errachidia, à l’occasion de la 9ᵉ édition du Morocco Today Forum, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée auprès du Chef du gouvernement chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’Administration, a réaffirmé la volonté de faire de la transformation digitale un moteur de compétitivité, de souveraineté et d’inclusion au service de l’ensemble des régions du Royaume.
Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI par le Groupe Le Matin, en partenariat avec le Conseil de la région de Drâa-Tafilalet, le forum était placé sous le thème « Le Maroc des territoires : pour une émergence intégrée et inclusive ». L’événement a réuni responsables publics, élus, experts et acteurs économiques autour des enjeux liés au développement régional.
Devant les participants, la ministre a défendu une vision d’un numérique pensé à l’échelle des douze régions du Royaume. Selon elle, l’avenir digital du Maroc repose sur une transformation qui valorise les compétences, stimule l’innovation et offre aux jeunes de nouvelles perspectives de formation et d’emploi, tout en réduisant les disparités territoriales.
Cette stratégie se traduit par plusieurs projets structurants destinés à renforcer l’accès des citoyens aux services publics numériques. Le portail Idarati poursuit ainsi son déploiement, aux côtés de l’identité numérique et du futur portefeuille électronique national (e-wallet), appelés à simplifier les démarches administratives et à accélérer la digitalisation des services de l’État.

La connectivité figure également parmi les priorités affichées. Le gouvernement entend consolider les infrastructures numériques à travers le développement d’un cloud souverain et de nouveaux data centers, notamment à Rabat et à Dakhla, afin de soutenir l’hébergement des données et de renforcer l’autonomie numérique du Royaume.
Le volet économique occupe une place centrale dans cette feuille de route. Les autorités misent sur l’essor de l’économie numérique, le développement de l’outsourcing et la création d’écosystèmes de start-up répartis dans les différentes régions afin de favoriser l’investissement, l’innovation et la création d’emplois qualifiés.
L’accent est également mis sur le capital humain. Le Maroc prévoit de former 100 000 nouveaux talents du digital chaque année d’ici 2030 afin de répondre aux besoins croissants des entreprises et d’accompagner l’accélération de la transformation numérique dans les secteurs public et privé.
Parmi les projets emblématiques figure le déploiement territorial des Instituts Jazari. Ces établissements formeront un réseau national de centres d’excellence en intelligence artificielle couvrant les douze régions du Royaume. Leur mission sera de développer les compétences, soutenir la recherche appliquée et accompagner l’émergence de solutions technologiques adaptées aux réalités locales.
La ministre a également dressé un état des lieux du secteur de l’outsourcing, devenu l’un des moteurs de l’économie numérique marocaine. Cette activité représente aujourd’hui plus de 148 500 emplois directs et rassemble plus de 1 200 entreprises internationales implantées dans huit régions du pays. Le Maroc occupe par ailleurs la 19ᵉ place mondiale dans le Global Outsourcing AI Readiness Index, un classement qui évalue la capacité des pays à accueillir des activités liées à l’intelligence artificielle et aux services externalisés.
Sur le plan de l’administration numérique, les indicateurs témoignent d’une progression continue. Le portail Idarati référence désormais 2 458 actes administratifs, plus de 600 services numériques sont accessibles aux usagers et plusieurs centaines de nouveaux services électroniques sont actuellement en cours de développement.
Amal El Fallah Seghrouchni a rappelé que la feuille de route « AI Made in Morocco », adossée au Réseau national des Instituts Jazari, a pour objectif de faire émerger une intelligence artificielle conçue au Maroc, responsable, inclusive, souveraine et adaptée aux besoins du pays. Cette stratégie vise à mettre les technologies numériques au service du développement des territoires, de la modernisation des services publics et du renforcement de la compétitivité de l’économie nationale.


