Le financement participatif continue de s’affirmer comme une composante majeure du crédit immobilier au Maroc. À fin mai 2025, l’encours des opérations de Mourabaha immobilière a atteint 26,6 milliards de dirhams, selon les dernières données publiées par Bank Al-Maghrib. Ce chiffre traduit une progression notable de 16,8 % sur un an et de 6,9 % depuis le début de l’année, confirmant l’intérêt croissant des ménages pour ce type de financement conforme à la finance islamique.
Incluant les marges intégrées dès la signature, la Mourabaha immobilière séduit de plus en plus d’acquéreurs en quête de solutions alternatives aux prêts classiques. Ce dynamisme s’inscrit dans un contexte général de reprise modérée du crédit aux particuliers. En effet, l’encours global des crédits aux ménages s’est établi à 387,4 milliards de dirhams, soit une hausse annuelle de 2,4 %. Cette tendance reste portée en priorité par les crédits à l’habitat, qui ont progressé de 2,5 %, tandis que les prêts à la consommation enregistrent une évolution plus mesurée.
Les établissements bancaires ont, de leur côté, revu à la baisse leurs exigences d’octroi au premier trimestre de l’année. Les critères se sont assouplis aussi bien pour les crédits immobiliers que pour les crédits à la consommation. Cette évolution des conditions a influencé la demande de manière contrastée : en hausse pour l’habitat, mais en recul pour la consommation, soulignent les données recueillies par Bank Al-Maghrib.
Parallèlement, la tendance haussière des taux d’intérêt se confirme. Le taux moyen des nouveaux crédits a atteint 5,96 % au premier trimestre 2025, contre un niveau inférieur en fin d’année 2024. Cette augmentation s’explique notamment par une hausse de 14 points de base pour les crédits à la consommation, dont le taux est désormais de 7,13 %. En revanche, les prêts à l’habitat se maintiennent à un niveau stable, autour de 4,74 %.
Ces indicateurs traduisent un marché en mutation, où la Mourabaha immobilière consolide sa place dans le paysage du financement résidentiel. Avec des perspectives de croissance encore solides et une attractivité renforcée par l’assouplissement des conditions bancaires, ce mode de financement devrait continuer à jouer un rôle structurant dans l’accès à la propriété.


