À New York, au siège de l’Organisation des Nations unies, le Maroc a franchi une nouvelle étape dans son engagement multilatéral. À l’ouverture du Forum de l’ECOSOC sur le financement du développement, l’ambassadeur Omar Hilale, président de la Commission de consolidation de la paix (PBC), a réuni les directeurs exécutifs de la Banque mondiale autour d’un dialogue stratégique visant à renforcer la coordination entre les efforts de paix et les mécanismes de financement du développement.
Au cœur des échanges, un constat partagé : sans stabilité, les progrès économiques restent fragiles, et sans perspectives de développement, les processus de paix peinent à s’inscrire dans la durée. Appuyé par des données internationales, le diplomate marocain a rappelé qu’une part majoritaire des populations vivant dans l’extrême pauvreté se trouve aujourd’hui dans des contextes marqués par la fragilité, les conflits ou la violence. Un enjeu central pour les institutions internationales, appelées à mieux articuler leurs interventions sur le terrain.
Dans cette dynamique, les discussions ont mis en avant la nécessité d’intensifier les financements dédiés aux zones fragiles, en s’inscrivant notamment dans le cadre de la 21ᵉ reconstitution de l’Association internationale de développement, bras de la Banque mondiale destiné aux pays les plus vulnérables. L’objectif est clair : investir davantage dans la prévention des crises et la résilience des États exposés.
La récente mission de la PBC en République centrafricaine a servi de référence concrète. Sur place, des avancées ont été observées, notamment en matière de sécurité, de déploiement de l’autorité publique et de justice transitionnelle. Des progrès encore fragiles, qui nécessitent un accompagnement financier et technique accru pour éviter tout recul.
Pour structurer cette coopération, quatre priorités ont été mises sur la table : mobiliser davantage de ressources en faveur de la réintégration communautaire, soutenir les réformes dans les secteurs sécuritaire et judiciaire, accompagner l’accès aux mécanismes de prévention et de résilience de la Banque mondiale, et renforcer la coordination entre les principaux partenaires internationaux, dont la Banque africaine de développement et l’Union européenne.
Au-delà des orientations stratégiques, la rencontre a débouché sur des engagements opérationnels. Parmi eux figurent le partage régulier des analyses de la PBC avec la Banque mondiale, la préparation conjointe des demandes de financement liées à la prévention, ainsi que la mise en réseau des équipes travaillant dans les contextes de fragilité. Une approche qui vise à dépasser les cloisonnements institutionnels pour gagner en efficacité sur le terrain.
Cette séquence diplomatique s’inscrit également dans la préparation de la première Semaine onusienne de la consolidation de la paix, prévue du 22 au 26 juin à New York. L’événement, qui coïncide avec le 20ᵉ anniversaire de la PBC, doit servir de plateforme pour renforcer les synergies entre acteurs internationaux et mettre en avant des solutions concrètes face aux défis de la stabilité mondiale.
En consolidant ce partenariat avec la Banque mondiale, le Maroc confirme sa capacité à peser dans les grands équilibres du multilatéralisme. À l’intersection des enjeux politiques et financiers, le Royaume s’impose progressivement comme un acteur actif dans la recherche de solutions durables aux crises contemporaines.


