Un geste irrévérencieux, filmé et largement diffusé, a conduit un Marocain de 47 ans devant le tribunal correctionnel de Paris. Lundi 4 août, l’homme avait allumé sa cigarette à la flamme éternelle de la tombe du Soldat inconnu, située sous l’Arc de Triomphe. Vendredi, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis probatoire de 18 mois.
Reconnaissant pleinement les faits, le prévenu; conducteur d’engins résidant en Normandie mais travaillant la semaine à Paris a exprimé ses regrets en audience : « Je présente mes excuses à l’ensemble du peuple français », a-t-il déclaré, en larmes. Il a qualifié son geste de « bêtise du siècle », affirmant avoir agi sous l’effet combiné de l’alcool et de traitements médicamenteux.
Lire aussi
Paris : un ressortissant marocain poursuivi pour avoir allumé une cigarette
avec la flamme du Soldat inconnu
La tombe du Soldat inconnu, inaugurée en 1920 pour honorer les combattants tombés durant la Première Guerre mondiale, est surmontée d’une flamme éternelle depuis 1923. Un symbole auquel s’attache un profond respect, que l’acte de l’accusé a violé, entraînant des poursuites pour atteinte à un monument dédié à la mémoire des morts.
Le tribunal a assorti sa décision d’une obligation de soins et du versement d’un euro symbolique au Centre des monuments nationaux, partie civile dans l’affaire. L’avocat de l’accusé, Me José Lebughe Mangai, a salué une sanction qu’il juge « proportionnée » au regard du passé judiciaire de son client, fort de 28 mentions à son casier.
Une expertise psychiatrique a mis en évidence un trouble bipolaire, un TDAH, ainsi qu’une polytoxicomanie et une dépendance à l’alcool.
La diffusion des images, montrant l’homme s’accroupir pour allumer sa cigarette avant de repartir, a suscité une vague d’indignation. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a qualifié le geste d’« indigne » et « misérable », et a annoncé envisager le retrait de son titre de séjour.

