Au cœur de l’été, entre routes saturées et chaleur écrasante, une hausse discrète mais percutante du tarif du pass télépéage « Jawaz » a jeté un froid parmi les usagers du réseau autoroutier marocain. L’augmentation du prix d’acquisition de cette carte, désormais vendue à 80 dirhams sans crédit inclus, a été perçue comme un coup dur par de nombreux conducteurs, professionnels comme particuliers.
Désormais, il faut débourser 80 dirhams pour obtenir une carte totalement vierge, qu’il faudra ensuite recharger séparément pour pouvoir l’utiliser. Un changement de formule qui tranche nettement avec l’ancien système, où 50 dirhams suffisaient pour acquérir le pass, incluant un solde initial de 40 dirhams. Cette nouvelle tarification, perçue comme une hausse déguisée, alimente la grogne des usagers, d’autant qu’aucune information préalable n’a accompagné cette modification.
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Cette décision tombe au pire moment. Alors que les autoroutes connaissent leur plus forte affluence de l’année, vacances scolaires, transhumance estivale, retour massif des Marocains du monde, l’effet est immédiat : un sentiment d’injustice chez les usagers, déjà soumis à un budget vacances sous pression.
Dans les couloirs du débat public, les critiques fusent. Si certains évoquent un manque criant de transparence, d’autres dénoncent une forme de mépris à l’égard des consommateurs, qui découvrent la hausse au moment de passer à la caisse. Pour beaucoup, la mesure est d’autant plus mal perçue qu’elle touche un outil censé fluidifier le passage aux péages, et non devenir un poste de dépense supplémentaire.
Une source bien informée au sein de l’opérateur autoroutier, ayant requis l’anonymat, avance que le tarif actuel ne serait en réalité qu’un retour progressif au prix initial du dispositif, évalué à 100 dirhams. Selon elle, la réduction appliquée ces dernières années relevait d’une stratégie promotionnelle destinée à encourager l’adoption du télépéage. Un pari jugé réussi avec deux millions de pass écoulés, et l’usage du pass représente désormais une part importante des transactions aux barrières de péage, avec 80% dans la catégorie des poids lourds professionnels et 60 % tous véhicules confondus.
.Forte de ce succès, ADM aurait estimé légitime de mettre fin à cette phase transitoire, en réajustant le tarif à un niveau plus proche de sa valeur réelle. Pour atténuer les effets de la hausse, une offre temporaire aurait été introduite, fixant le prix à 80 dirhams pour la période estivale, un geste présenté comme une « mesure de fidélisation ».
Mais cette explication ne convainc pas tout le monde. Car au-delà du chiffre affiché, c’est la méthode qui interroge : pas de communiqué officiel, pas de campagne d’information, juste un changement de tarif visible à l’achat. Un manque de clarté qui, selon plusieurs associations de consommateurs, entre en contradiction avec les principes élémentaires de transparence et de respect des droits des usagers.
Dans ce climat de tension tarifaire, la question reste entière : fallait-il réévaluer le prix du pass Jawaz en pleine période de forte circulation, sans préparation ni dialogue ? Pour de nombreux automobilistes, la réponse ne fait pas de doute.

