Notre perception d’être “bon en sport” ne dépend pas uniquement de nos muscles ou de notre entraînement. Une recherche menée par Sho Ito, chercheur à l’Université Nanzan au Japon, publiée dans PLOS, révèle que la personnalité et le cadre familial jouent un rôle décisif dans la manière dont nous nous voyons en tant que sportif. Cette image intérieure influence non seulement notre envie de pratiquer une activité physique, mais aussi notre persévérance, nos routines et même notre estime de soi.
Une construction mentale ancrée dans la psychologie
Selon les résultats, des traits comme la résilience, l’optimisme et le goût du dépassement sont fréquemment liés à une perception positive de ses capacités sportives. Les jeunes qui se considèrent comme “sportifs” ne se définissent pas par leurs performances, mais par leur foi en leur capacité à progresser. Cette croyance agit comme une force motrice, stimulant la régularité, la persévérance et le goût de l’effort.
Le poids silencieux de la fratrie et du milieu social
Autre constat étonnant de l’étude : la place dans la fratrie influence l’identité sportive. Les cadets se considèrent souvent comme plus doués physiquement. L’explication ? Une exposition précoce à certaines activités en observant les aînés, ou le besoin de se démarquer. Par ailleurs, le milieu familial pèse également. Des parents actifs physiquement, ou un environnement socio-économique stable, renforcent cette image de soi tournée vers l’activité.
Quand le regard des autres modèle l’estime sportive
L’étiquette que colle l’entourage dès l’enfance s’avère être un marqueur fort. Être qualifié de “sportif” dès le plus jeune âge peut forger durablement une identité dynamique et assurée. À l’inverse, l’absence de reconnaissance ou de valorisation peut miner l’élan, même chez un individu naturellement doué. Cette dynamique souligne le rôle essentiel du soutien social et des encouragements reçus dans la formation de l’image corporelle.
Au-delà du physique : l’esprit forge le mouvement
La recherche démontre qu’il ne suffit pas d’avoir des qualités physiques : c’est l’interprétation que chacun fait de son propre corps qui conditionne son implication. Deux jeunes aux capacités similaires peuvent suivre des trajectoires totalement opposées si l’un doute de lui tandis que l’autre est encouragé. Ainsi, l’estime de soi et les messages perçus dans l’environnement social deviennent des catalyseurs ou des freins à l’engagement.
Encourager autrement : valoriser, soutenir, reconnaître
Face à ces constats, les auteurs de l’étude appellent à transformer notre façon d’encourager les jeunes à pratiquer un sport. Plutôt que de comparer, il est plus efficace de valoriser les progrès individuels, d’applaudir l’effort, et d’adopter un discours bienveillant. Ce changement de regard permettrait à chacun de construire une image de soi cohérente, dynamique et ouverte sur le mouvement.


