Les exportations marocaines de phosphates et de leurs dérivés continuent de briller sur la scène internationale. Entre janvier et septembre 2025, elles ont atteint près de 74,65 milliards de dirhams, selon les dernières données publiées par l’Office des changes. Ce montant marque une hausse de 19,2 % par rapport à la même période en 2024, confirmant la place stratégique du secteur dans l’économie nationale et son rôle moteur dans les recettes d’exportation du Royaume.
Cette progression remarquable s’explique par la dynamique soutenue des ventes de phosphates bruts, dont la valeur a bondi de 49 %, traduisant une forte demande sur les marchés internationaux. L’acide phosphorique, autre produit phare de la filière, enregistre une hausse de 17,9 %, tandis que les engrais naturels et chimiques progressent de 16,3 %. Ces résultats illustrent la résilience et la compétitivité d’un secteur clé, porté par l’expertise de l’OCP et par la demande mondiale en intrants agricoles, stimulée par les enjeux de sécurité alimentaire.
Le secteur aéronautique maintient également une trajectoire ascendante, avec plus de 20,8 milliards de dirhams d’exportations sur les neuf premiers mois de l’année, soit une progression de 6,1 %. Les performances du segment Electrical Wiring Interconnection System (EWIS), en hausse de 8,4 %, et de l’assemblage, en progression de 5,1 %, traduisent la consolidation d’une industrie marocaine de plus en plus intégrée dans les chaînes de valeur mondiales.
De son côté, l’agriculture et l’agroalimentaire poursuivent leur expansion, totalisant 64,86 milliards de dirhams d’exportations, en croissance de 3,4 %. Le segment « Agriculture, sylviculture et chasse » tire particulièrement son épingle du jeu avec une hausse notable de 10,7 %, signe d’une bonne saison et d’une demande soutenue sur les produits agricoles marocains.
Cependant, cette dynamique n’est pas uniforme dans l’ensemble du tissu exportateur. Plusieurs filières industrielles accusent un repli, notamment le secteur automobile (-2,7 %), le textile et cuir (-4,1 %) et l’électronique et électricité (-7,5 %). Ces baisses traduisent les tensions persistantes sur certains marchés et le ralentissement de la demande internationale, qui pèsent sur la performance globale des exportations manufacturières.
En dépit de ces contrastes sectoriels, les bons résultats du phosphate, pilier historique de l’économie marocaine, confirment la capacité du Royaume à tirer parti de ses ressources naturelles tout en développant une offre exportable à forte valeur ajoutée. Ils traduisent aussi la pertinence de la stratégie de diversification engagée depuis plusieurs années, visant à renforcer la compétitivité industrielle et la résilience commerciale du pays face aux fluctuations mondiales.


