Elle est née loin des savanes africaines, mais son arrivée raconte déjà une histoire de patience, de stratégie et d’ambition écologique. Dans un parc zoologique du littoral central, une naissance rarissime redessine les contours de la conservation animale au Maroc.
Le parc zoologique Dream Village a annoncé, la naissance de la toute première girafe née sur le sol national. Une femelle, en parfaite santé, dont l’arrivée marque un tournant symbolique dans les efforts de conservation et de reproduction locale de cette espèce emblématique.
Fruit de l’union de Sophie, cinq ans, et de Paco, neuf ans, tous deux originaires d’Italie, la jeune girafonne est l’aboutissement d’un long processus. Importés il y a près de cinq ans, ses parents ont progressivement trouvé leur place au sein du parc, jusqu’à devenir, au fil du temps, des pensionnaires pleinement intégrés au patrimoine animalier national.
La gestation, longue d’environ quinze mois, une patience à la mesure de la silhouette élancée de l’espèce, s’est déroulée conformément aux cycles biologiques de la girafe. La petite femelle restera auprès de sa mère pendant plus d’un an, période essentielle d’allaitement, d’observation et d’apprentissage. Les équipes vétérinaires assurent un suivi quotidien, veillant à chaque détail de son développement, comme on surveille une promesse fragile mais précieuse.
Cette naissance dépasse largement le simple fait divers zoologique. « La girafe figure parmi les espèces les plus recherchées par les parcs à travers le monde, avec des listes d’attente parfois interminables. Miser sur la reproduction locale permet de réduire la dépendance aux importations et de renforcer une dynamique durable », explique Mohamed Mgharfaoui, directeur général de Dream Village.
Jusqu’ici, le Maroc ne comptait que des femelles. Avec cette nouvelle venue, leur nombre atteint désormais quatre : trois à Dream Village et une autre au zoo d’Aïn Sebaâ Zoo, appelée elle aussi à intégrer prochainement un programme de reproduction. À moyen terme, l’ambition est claire : constituer deux noyaux reproducteurs distincts, l’un à Dream Village, l’autre à Aïn Sebaâ, afin d’ancrer durablement la présence de la girafe dans le paysage zoologique national.
La jeune girafe, elle, restera à Dream Village, où elle incarne déjà bien plus qu’une naissance : un symbole de structuration progressive d’un patrimoine animalier longtemps absent du pays.
Pour rappel, Dream Village assure également la gestion du zoo d’Aïn Sebaâ à Casablanca, rouvert au public à la fin du mois de décembre après plusieurs années de fermeture. Cette mission s’inscrit dans le cadre d’un contrat de gestion de vingt ans conclu avec le Conseil de la ville, ouvrant une nouvelle page pour ce site historique, désormais engagé sur la voie de la modernisation et de la conservation.

