Le navire de croisière MV Hondius reste immobilisé au large du Cap-Vert, au cœur d’une situation sanitaire étroitement surveillée après la détection de plusieurs cas d’hantavirus et la mort de trois passagers. Les autorités sanitaires internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé, coordonnent les opérations d’évacuation et d’évaluation épidémiologique, alors que les premiers éléments confirment la complexité du foyer.
Selon les dernières informations relayées par les autorités sanitaires et les opérateurs du navire, deux cas ont été confirmés en laboratoire, tandis que cinq autres sont suspectés parmi les personnes à bord. L’un des cas confirmés concerne une passagère néerlandaise de 69 ans, identifiée après un test PCR. Au total, trois décès ont été enregistrés, dont celui d’un couple néerlandais et d’une ressortissante allemande.
À bord, la situation reste sous contrôle relatif. Les autorités indiquent qu’aucun nouveau cas symptomatique n’a été détecté en dehors des personnes déjà identifiées, une donnée qui semble confirmer une stabilisation temporaire de la situation. Cependant, plusieurs individus présentent encore des symptômes ou font l’objet d’une surveillance médicale rapprochée, notamment des membres de l’équipage et des passagers ayant été en contact direct avec des malades.
Le MV Hondius, parti d’Ushuaïa en Argentine, transporte 147 personnes de 23 nationalités différentes. Depuis l’apparition des premiers cas, le navire est maintenu à proximité du port de Praia, où des équipes médicales spécialisées ont été déployées afin de procéder à des évaluations et organiser des évacuations sanitaires. Trois personnes deux membres d’équipage et un cas contact doivent être transférées dans les prochaines heures via le Cap-Vert, tandis que deux autres patients seront évacués vers les Pays-Bas à bord d’avions médicalisés.
Sur le plan logistique, les autorités espagnoles ont confirmé que le navire pourrait être accueilli aux îles Canaries dans un délai de trois à quatre jours, bien que le port exact reste à déterminer. Une fois sur place, les passagers et l’équipage devraient être soumis à des examens médicaux complets avant tout rapatriement.
L’OMS privilégie l’hypothèse d’une contamination initiale survenue en dehors du navire, suivie d’une transmission limitée entre personnes en contact étroit. Cette hypothèse est cohérente avec les caractéristiques des hantavirus, transmis principalement par les rongeurs via leurs déjections, urines ou salive. Dans certains cas rares, une transmission interhumaine limitée a été observée, notamment avec la souche Andes en Amérique du Sud.
L’OMS rappelle par ailleurs que le risque pour la population mondiale reste faible. Les hantavirus ne se propagent pas comme des virus respiratoires classiques tels que la grippe ou la Covid-19, leur transmission nécessitant des conditions de contact rapproché spécifiques.
Alors que les investigations se poursuivent, notamment le séquençage du virus en Afrique du Sud, les autorités sanitaires cherchent à reconstituer la chaîne de contamination et à évaluer précisément les contacts à risque.

